“Toutes les photos sont exactes. Aucune d’elles n’est la vérité”

Richard Avedon, Autoportrait. Provo, Utah, 20 août 1980 (c) 2008, The Richard Avedon FoundationRichard Avedon – Photographies – 1946-2004

Jusqu’au 28 septembre 2008

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Jeu de Paume Concorde, 1, place de la Concorde 75008 Paris, 01 47 03 12 50, 7€

Un nom associé à la mode et aux célébrités. Richard Avedon, dont le Jeu de Paume organise la première grande rétrospective en France, réalise pourtant une oeuvre photographique qui a plus de profondeur que ces deux domaines glamour ne le laissent entendre. La guerre du Vietnam, les militants pour les droits civiques dans le Sud américain, les malades en hôpital psychiatrique, les classes sociales laborieuses du Grand Ouest…Sans oublier sa réflexion sur sa pratique de la photographie. Rencontre avec un portraitiste d’envergure.


Les 270 photographies exposées au Jeu de Paume Concorde mettent en avant les différentes facettes de l’art de Richard Avedon (1923-2004), avec en prime pour la venue de l’exposition à Paris, une section sur une quarantaine de grand format de la série In the American West (1979-1984).

Richard Avedon, Dovima et les éléphants. Robe du soir Dior. Cirque d'Hiver, Paris, 1955 (c) 2008, The Richard Avedon FoundationDès son entrée dans le métier, chez Harper’s Bazaar (1945), Richard Avedon révolutionne la photographie de mode. Après-guerre, les mannequins posent telles des statues art déco, portant les créations comme des “portemanteaux”. R. Avedon anime les modèles et leur donne une âme. Il fait poser Dovima – célèbre mannequin de l’époque – en robe Dior parmi des éléphants. Teint lisse contre peau ridée du pachyderme, finesse d’un corps contre corpulence d’un autre. A Paris, il fait “encanailler” les filles parmi les hommes de spectacle de rue ou les lieux de sortie tapageuse de la rive Gauche. L’idée est révolutionnaire.
Richard Avedon, Roberto Lopez, ouvrier sur un gisement pétrolifère. Lyons, Texas, 28 septembre 1980. Série In the American West (c) 2008, The Richard Avedon FoundationAvant tout, portraitiste, Richard Avedon choisit de montrer en une seule image les diverses facettes de la personnalité de ses modèles. Pour cela, il établit un lien avec son sujet, le fait poser généralement sur un fond blanc pour que les éléments graphiques de son visage – “les continents inconnus du visage humain” (1985) – s’expriment. “Un portrait photographique est l’image d’une personne qui sait qu’elle est photographiée. Une séance de pose est un échange d’émotions. L’image surgit de la rencontre de ces émotions”, analyse l’artiste.

Richard Avedon, Alberto Giacometti. Paris, 6 mars 1958 (c) 2008, The Richard Avedon FoundationPlus radical que son confrère américain Irving Penn, R. Avedon casse l’image d’icône des stars du spectacle (Marilyn Monroe, plus vraie que nature), de la littérature (Samuel Beckett) et de l’élite politique des Etats-Unis. De ces portraits se dégage toute l’expressivité du modèle. Que ce soient des hommes politiques qui connaissent pourtant les codes de représentation ou des sans abris qui passent ordinairement inaperçus.

“Un portrait n’est pas une ressemblance”. Dès qu’une émotion intervient, la photographie devient subjective, présente un point de vue.

Dans un riche documentaire présenté en prologue de l’exposition, Richard Avedon confie avoir retenu une “leçon de vie” de son mentor Alexey Brodovitch (directeur artistique et professeur à la Design Laboratory, New School for Social Research, New York): “savoir photographier des spaghettis”! Autrement dit, apprendre à contourner une difficulté car une solution de rechange existe toujours.

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Richard Avedon, Veruschka. Robe Kimberly. New York, janvier 1967 (c) 2008, The Richard Avedon FoundationDans les années 1960, Richard Avedon travaille pour Vogue et à partir de 1985 pour la revue Egoïste. C’est à ce moment là qu’il est nommé Photographer of the Year par l’American Society of Magazine Photographers. En 1993, il reçoit le Master of Photography Award de l’International Center of Photography (New York).
Le photographe s’éteint à San Antonio au Texas en octobre 2004, alors qu’il est en mission pour le New Yorker.

L’exposition, dans une scénographie tout en noir et blanc à l’image des portraits, rend hommage à l’humanité d’un photographe, attiré par la profondeur des êtres humains se reflétant à la surface de leur image.

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