Sculpteur d’espace

Fauteuil F582 dit Ribbon Chair, 1966
Éditeur : Artifort
Centre Pompidou, Paris
© Coll. Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Photo : Bertrand Prévost
Don de Strafor, 1996 Pierre Paulin

Jusqu’au 22 août 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Centre Pompidou, Niveau 1, Galerie 3, Paris 4e

Le Centre Pompidou consacre une rétrospective au designer Pierre Henri Paulin (1927-2009), dont les cinquante ans de carrière ont révolutionné l’art de vivre occidental depuis les années 1950.

Dans une scénographie originale, le visiteur découvre la carrière de celui qui fut appelé deux fois au service présidentiel. En 1971, pour Claude et Georges Pompidou, il revisite les appartements privés de l’Elysée. Treize ans plus tard, il conçoit l’architecture intérieure et le design du bureau de François Mitterand.

Fauteuil du salon des Tableaux, palais de l’Elysée, 1971-1972

Éditeur et collection : Mobilier national et Manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie, Paris © Collection Mobilier national, Photo : Isabelle Bideau

En 1950, Pierre Paulin est diplômé du Centre d’art et de techniques (devenue école Camondo en 1967). Il effectue un voyage initiatique en Scandinavie, où il découvre les oeuvres d’Alvar Aalto. Ces deux formations – théoriques et pratiques – auront un impact décisif sur sa carrière.

Paulin confie ses projets à plusieurs éditeurs. Pour A. Polak, il réalise le fauteuil Anneau, sélectionné pour la XIe Triennale de Milan. Pour Thonet France, il révolutionne la manière de penser le siège. Dorénavant, les housses s’enlèvent, se lavent, se changent. Tel le Mushroom : “Le meilleur objet industriellement parlant que j’ai jamais dessiné. Comment voulez-vous faire plus économique ? Il n’y a qu’une seule matière, du tissu. Trois ronds en acier, […] et quatre tiges qui les réunissent entre eux. Ensuite on lui met son ‘maillot de bain’ et terminé !”.

En 1975, avec Maïa Wodzislawska (sa seconde épouse) et Marc Lebailly, Paulin fonde l’agence de design industriel et de signalétique Architectural Design SA (ADSA) – première agence de design global en France.

Maquette d’aménagement intérieur N° 1, 1970, (Vue n° 2) © Pierre Paulin © Coll. Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Photo : JC. Planchet

Après cette approche anglo-saxonne qui réunit créateurs et industriels, P. Paulin redonne sa place au travail artisanal à partir des années 1980. “Il ouvre en quelque sorte la voie d’un retour à la lenteur, au slow design”, commente Cloé Pitiot, commissaire de l’exposition.

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En 1995, il quitte ADSA pour se retirer dans les Cévennes, où il construit sa maison à la Calmette. Son premier projet d’architecte, lui qui rêvait d’en devenir un.

Tapis-Siège, 1980
© Coll. Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Photo : G. Meguerditchian

Le parcours se déroule de manière chronologique, selon la forme d’un escargot pour finir dans un espace central qui résume l’ensemble de la carrière du designer. Ici ou là, le visiteur est invité à s’assoir dans  ses fauteuils, banquettes, chauffeuses pour en tester l’ergonomie tout en regardant les films qui décryptent le montage et l’assemblage du mobilier sur lequel il est assis. Tout en fluidité et couleur – Paulin maîtrise sa gamme chromatique, des couleurs chaudes inspirées d’Orient aux tons plus froids, venus du Grand Nord -, la scénographie met en avant des pièces phares comme le Tripode Cage (1955), le Mushroom (1960), le Ribbon Chair (1966), la Tongue (1967), la Groovy (1972). Mais elle permet également de découvrir l’inspiration que le designer a tiré de ses voyages – notamment sa volonté d’assoir l’Occidental plus bas qu’il n’est habitué ! – et l’éventail de ses créations (de la fontaine à café au restaurant de l’hôtel Méridien en Syrie) et de son imagination. Je pense notamment au Tapis-Siège dont dont les 4 coins se relèvent pour pouvoir s’y adosser. Une belle exposition de design, comme c’est souvent le cas dans cet espace du Centre Pompidou qui joue avec à-propos des effets d’intérieur et d’extérieur.

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