La scène arabe et iranienne à l’honneur de Paris Photo

Lars Tunbjörk. Oman, summer 2000 (c) Courtesy VU' La Galerie, ParisParis Photo 2009 – Salon international pour la photoraphie XIXe, moderne et contemporaine

Jusqu’au 22 novembre 2009

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli 75001, 15€

Pour sa 13e édition, Paris Photo 2009 recoupe l’actualité avec un focus sur la scène arabe et iranienne, comme Photoquai Pourtant, ce n’est pas cet aspect qui a le plus retenu mon attention (contrairement à l’année dernière lorsque le Japon avait été à l’honneur). Cette année, j’ai surtout apprécié l’incroyable offre des galeries étrangères, en particulier celles situées dans la salle Le Nôtre.

Tour d’horizon américain:

Robert Klein Gallery, Boston:
* Edward Weston: Charis in Doorway, Santa Monica, 1939 qui joue sur les oppositons de formes sinueuses et longilignes. Contrairement aux photos de mode contemporaines, sans défaut, lisses mais insipides, on voit ici la chair sans retouche de Charis.
* Henri Cartier-Bresson: Rue Mouffetard, 1954 présente un Titi, fier comme d’Artagnan, deux énormes bouteilles de vin sous les bras.
* Irving Penn: The Tarot Reader; Woman in Bournous
* Julie Blackmon: Baby Toss, 2009, nominée pour le Prix BMW, montre une petite fille jetée en l’air exprimant en une seule image les différents sentiments que l’on ressent lorsque l’on quitte la sécurité d’une main aimée et protectrice.
* Arno Rafael Minkkinen: White Sands, New Mexico: contre-plongée sur un bras tendu appuyé contre une jambe, au milieu du désert – une composition pour le moins intriguante!

Lalla Essaydi. Les Femmes du Maroc, Harem Beauty #2, 2008. Chromogenic prit mounted to aluminium (c) Courtesy Edwynn Houk Gallery, New YorkEdwynn Houk Gallery, New York:
* Elliott Ervitt: Santa Monica, un couple dont on ne voit que le reflet dans le rétro de la voiture s’embrasse, au bord du Pacifique; Paris, un homme et une femme sous des parapluies qui se retournent, devant la Tour Eiffel, pendant qu’un homme saute d’allégresse au premier plan
* Lalla Essaydi: Les Femmes du Maroc, triptyque qui rappelle l’oeuvre de l’artiste iranienne Shirin Neshat: des corps de femmes recouvertes d’inscriptions arabiques, ici comme du henné qui déteint sur l’ensemble de la composition.
* Robert Polidori: Napoléon reçoit l’Ambassadeur, une oeuvre qui reprend le code de la peinture historique mais la scène est entr’aperçue à travers du plastique déchiré.

Bruce Silverstein Gallery, New York:
* Shinichi Maruyama s’autoportraitise en train de lancer un énorme jet de peinture dans un mouvement qui évoque l’art calligraphique.

Sharon Core. Early American, Melons and Morning Glories, 2008 (c) Courtesy Yancey Richardson Gallery, New YorkYancey Richardson Gallery, New York:
* Sharon Core
* Kenneth Josephson
* Massao Yamamoto
* August Sander
* Hiroh Kikai.

En Afrique du Sud, l’inmanquable Michael Stevenson Gallery, Cape Town, avec Pieter Hugo: un nain au milieu de la savane, un homme ensanglanté portant les abats de la bête qu’il vient de tuer.

Au Japon:

– Tora Nasa, Tokyo:
* Maiko Haruki: Outer Portrait, dans une composition naturellement épurée, quelques têtes dépassent d’un paysage recouvert d’un manteau de neige, alors qu’elles montent un escalier invisible à l’oeil nu.
* Taiji Matsa: TYO 90842, une vision du futur Tokyo sururbanisé?

En Chine:

Yu Xiao. Never grow up, 2008. C-Print (c) Courtesy 798 Photo Gallery, Beijing– 798 Photo Gallery, Beijing:
* Yao Lu: New Landscape, l’art traditionnel du paysage chinois remodelé à la sauce moderne avec son lot de pollution, déchets, société industrielle, etc.
* Yu Xiao: Newer grow up
En Europe, pour un aperçu néerlandais:

– Van Zoetendaal, Amsterdam:
* Marjan Teeuwen: Verwoest Huis 2, une image qui représente de loin une pièce entièrement empilée de livres, mais il s’agit en fait de matériaux de chantier qui, par un effet d’optique, créent un nombre infini de mise en abîmes.

Torch Gallery, Amsterdam:
* Susan Anderson: High Glitz, des fillettes maquillées et habillées comme des Barbies, référence aux Beauty Pageants américains.
* Wouter Deruytter: sublimes images décalées de New York, avec des gros plans sur les media utilisés par la société de consommation comme des énormes affiches publicitaires sur lesquelles s’exhibent des femmes dénudées, et au-dessous desquelles passent une délégation de prêtres.

Au sud-est, en Allemagne:

DNA Galerie, Berlin:
* Orimoto Tatsumi
* Tatsumi Orimoto: Art Mama & Son
Nick Brandt. Lion before storm II, Sitting profile, Maasai Mara, 2006 (c) Nick Brandt, Courtesy Galerie Bernheimer, Berlin– Bernheimer Fine Art Photography, Berlin
* Nick Brandt et ses impressionnantes photos des Big Five
* Toni Schneiders
* Horst P. Horst
* Michael Kenna

A l’ouest, la Grande-Bretagne:

Michael Hoppen Contemporary, Londres:
* Daniele Tamagani et ses Playboys of Bacongo, ses rois de la Sape qui s’illustrent dans les rues africaines en s’habillant ultra chic avec des vêtements vintage occidentaux.
* Tim Walker: Days of sand
* Sohei Nishino: Diorama map of New York

The Photographers’ Gallery, Londres:
* Vee Speers

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Au sud, l’Espagne:

Galeria Juana de Aizpuru, Madrid:
* Cristina Lucas: La Liberté raisonnée: vidéo qui reprend le tableau de Delacroix pour évoquer en images animées la guerre civile espagnole – la Révolution espagnole
* Andres Serrano: Mildred R. Pugh, churchgoer, gros plan sur une Afro-Américaine croyante.

Au centre, la France!

Magnum Gallery, Paris:
* Jean Gaumy: Veiled women practice shooting on the outskirts of the city, Tehran, 1986
* Abbas: photographies de la révolution islamique de 1979
* Alessandra Sanguinetti

Tatsumi Orimoto. Art Mama & Son, 2008. C-Print (c) Courtesy DNA Gallery, BerlinLe prix BMW a été décerné à Karija Kakebeeke pour son image de Khadija, jeune fille qui appartient à la première équipe de foot féminin d’Afghanistan – une récompense emblématique à mon goût plutôt qu’en rapport avec la valeur de la photo elle-même.
Le jury a accordé une mention spéciale à Tatsumi Orimoto pour sa série Art Mama & Son – l’artiste a aidé intensivement sa mère atteinte d’Alzheimer. L’image montre le lien qui unit le fils à sa mère, la progéniture rendant l’amour et les soins que  sa génitrice lui a porté à sa naissance. Le cercle du Yin & Yang.

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