Ossip Zadkine

L’instinct de la matière

Jusqu’au 10 février 2019

Achetez le catalogue de l’exposition : 

Musée Zadkine, 100bis rue d’Assas, Paris 6e

Le musée Zadkine rend hommage à son créateur en invitant le visiteur à découvrir “L’instinct de la matière” qui caractérise l’oeuvre de l’artiste, originaire de Russie (Vitebsk 1888- Paris 1967).

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Après “Etre Pierre” (2017), le musée Zadkine poursuit l’exploration des matériaux utilisés par Zadkine, qu’il considère comme des “puissances formelles”. Il pressent la forme d’une sculpture à partir de la matière, utilisant aussi bien les nodosités du bois, la densité d’une roche que la fluidité de l’encre ou de la gouache.

Selon l’artiste, les matières sont dotées d’une dynamique que le geste du tailleur ou la main du dessinateur doit savoir capter.”Du dialogue avec la matière naît le geste de l’homme”, confiait-il à Pierre Cabane (Arts, 1960).

 

Ce rapport instinctif  à la matière s’exprime dès les premières oeuvres exposées, mi-figures mi-arbres/pierres, tant la forme se confond avec la matière. Les formes semblent surgir de la pierre elle-même dans La Sainte Famille (1912/13), Tête d’homme (1918), Le Prophète (1914) ou encore Torse d’éphèbe (1922). Ce dernier, sans bras, ni épaule, semble surgir du tronc d’acacia.

Dans Femme au violon (1918), l’instrument – incisé dans la chair du marbre – fait corps avec la figure féminine. Autre oeuvre liée à la musique – thème majeur dans l’oeuvre de Zadkine -, Femme à la mandoline ou Jeune fille aux mains repliées (1914) naît d’une laque dans laquelle se confond la chair et l’instrument. Dans Porteuse d’eau (1923), Zadkine joue de la matériabilité du bois, tantôt lisse, tantôt rugueux.

Quand l’artiste s’imprègne des idées cubistes, il en tire une géométrisation des lignes aux arêtes vives, des emboîtements de volumes convaves ou convexes (Femme à l’éventail, 1923).

Ces sculptures sont mises en parallèle avec une sélection de dessins à la plume des années 1913/14 et de gouaches sur papier des années 1920. “Si la création graphique de Zadkine revêt un caractère certain d’autonomie, elle participe néanmoins du même mouvement que la sculpture. Une étroite et indéniable coïncidence unit ce qu’il peint à ce qu’il taille”, commente Jérôme Godeau, commissaire de l’exposition.

Dans Trois nus (1920), il trace le contour des corps avec des cernes noires, qui s’opposent au rose et au bleu de la chair, comme pour mieux détacher du fond la matérialité des corps.

Ces couleurs délicates se retrouvent dans la sculpture Odalisque ou Bayadère (1932). Taillée dans un tronc de hêtre rouge, elle fait corps avec sa guitare. Le drapé de sa robe, en bandes colorées, rythme le passage incessant du convexe et du concave.

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Face à elle, Le Sculpteur (1929/49) se compose d’un assemblage à partir d’une tête en marbre auquel l’artiste appose un bras replié dont la main se termine en forme d’oiseau. Pour souligner la liberté du geste créateur.

Des oeuvres sensuelles et poétiques qui révèlent une grande maîtrise de la taille directe. Une exposition qui ravit le coeur et l’esprit, pour qui est sensible aux matériaux naturels.

 

 

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