Ne reste que l’aube

Récit et dessins : Thierry Murat
Ed. Futurapolis, 176p., 26€

Dernier tome de son triptyque (Étunwan, Celui-Qui-Regarde ; Animabilis), consacré à l’art, pictural et poétique, Ne reste que l’aube de Thierry Murat se déroule dans un monde où le numérique et l’intelligence artificielle sont omniprésents dans la vie humaine. Une BD personnelle, tout en noir et blanc, renversante !

Dans ce roman très graphique domine le spleen de l’artiste Jorgen Nyberg, installé à Stockholm, peintre épris de philosophie et de poésie. Il ne vit que la nuit, dans son appartement du 153e étage qui domine la ville, entouré de ses toiles géantes recouvertes de crânes humains, seul avec son auxiliaire virtuelle, Yris. Elle lui fait rencontrer Niels, jeune étudiant en philosophie des arts, passionné de peinture.

Au cours de leurs échanges, la vie inquiétante de Jorgen nous est révélée. Ce peintre vit depuis cinq siècles ; il a été mordu par un vampire et en est devenu un à son tour. Au fil des pages, la vie de Niels semble se calquer sur celle de Jorgen ; le jeune homme pourra-t-il échapper à son sort ?

Dans un style particulièrement épuré, l’auteur témoigne de l’inlassable volonté des humains de rester immortels, physiquement ou intellectuellement, au risque de se perdre. T. Murat dénonce leur solitude et leur manque de spiritualisme. La nuit du peintre se fait alors synonyme de la noirceur de la vie humaine contemporaine. Une BD grinçante mais mystique et envoûtante.

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