Le monde vue d’Asie

Au fil des cartes

Jusqu’au 10 septembre 2018

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Catalogue de l’exposition : 

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Musée national des arts asiatiques-Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Le musée Guimet propose de regarder le monde d’un autre point de vue : celui de l’Asie. Comment s’est-il perçu et représenté ? Comment voyait-il le reste du monde ? Des cartes aux paravents, des vases aux éventails, décentralisation mentale garantie !

Le parcours explore les porosités entre cartographie et cosmographie, les rapports entre la mesure de l’espace et le pouvoir, l’ombre portée de la cartographie chinoise, la trace occidentale – notamment jésuite -, et les représentations d’un autre géant de l’histoire cartographique : le monde islamique. “Arpenter la terre comme se mesurer au ciel était indispensable à une civilisation qui recourait constamment à la mesure du temps et de l’espace pour les besoins légaux de la prière, du pèlerinage et du grand voyage”, commente Sophie Makariou (présidente du MNNAG).

Devant les rouleaux mis en plat, le visiteur observe l’évolution de la représentation chinoise, les illustrations d’une des plus célèbres routes au monde – celle reliant Edo (anciennement Tokyo) à Kyoto, parsesemée de 53 stations illustrées par Hiroshige, et depuis laquelle s’aperçoit le mont Fuji, mille fois peint par Hokusai. En Chine, comme au Japon, les cartes constituent des outils de combat pour lutter contre le pouvoir impérial.

Parmi les chefs-d’oeuvre présentés, citons la carte complète du Tianxia reproduite sur un éventail (dynastie Qing), véritable mappemonde qui inclut quelques territoires insulaires représentant le monde arabe, l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique. Idem pour “la carte bleue” du grand empire des Qing unifié (XIXe siècle) qui représente une “Asie-Monde”, avec seulement dans le coin nord-ouest huit îles identifiant le monde arabe, l’Afrique et certains pays européens, “soit à peine 4% de la superficie de la carte !”, s’exclame Fabrice Argounès (enseignant à l’Université de Rouen), co-commissaire de l’exposition.

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Une carte du fleuve Rouge au nord-ouest du Tonkin réalisée au XIXe siècle sur du textile contrecollé sur papier, présente de petits drapeaux tricolores illustrant la progression des troupes coloniales françaises jusqu’aux confins de l’Empire d’Annam. Son usage constitue un outil de la conquête coloniale, comme en témoigne la toponymie en partie romanisée pour aider les officiers français.

Après s’être interrogé sur comment l’Asie se représente, la dernière section de l’exposition s’intéresse à la représentation du reste du monde par l’Asie. On découvre ainsi, non sans surprise, une assiette décorée de deux Ecossais !

Par cette exposition, le musée Guimet se targue d’être la première grande institution à dévoiler la richesse de ses cartographies asiatiques, dont la France possède de grandes collections, encore usitées de nos jours par les diplomates chinois et japonais. Un patrimoine historico-géographique qui se révèle d’une étonnante actualité, quand on pense à la place de plus en plus importante qu’occupe la Chine dans l’économie contemporaine…

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