Au temps de Klimt

Gustav Klimt, Judith, 1901. Huile sur toile © Belvédère, VienneLa Sécession à Vienne

Jusqu’au 21 juin 2015

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Catalogue de l’exposition : 

Pinacothèque (2) de Paris, 8 rue Vignon, Paris IX

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L’exposition présentée à la Pinacothèque de Paris sur le courant de la Sécession à Vienne décrypte l’évolution des arts dans la capitale autrichienne, de la fin du XIXe siècle aux premières années de l’expressionnisme. Avec comme point d’orgue des oeuvres majeures de Gustav Klimt.

Le parcours débute sur l’influence artistique parisienne de l’Art Nouveau sur l’évolution du mouvement sécessionniste (Carl Schuch, Tina Blau, Théodor Hörmann, Josef Engelhart, Max Kurzweil).

Il se poursuit sur des chefs d’oeuvre de la Sécession, avec en particulier deux oeuvres phares de Klimt, initiateur du mouvement en 1897, pour s’opposer à l’art académique et impérial.

Judith I (1901), personnage inspiré de l’Ancien Testament, symbole de courage et de résistance à l’oppresseur (Holopherne) marque la reprise (Allégorie de la Médecine) de ce qui deviendra une caractéristique de ses figures : la représentation du visage dans une vue en légère contre-plongée. La toile, bien que composée de deux plans distincts – Judith et le décor végétal doré – est pensée comme une oeuvre unique.

La monumentale Frise Beethoven est reconstituée sur le fond musical de la 9e symphonie du compositeur allemand.

Gustav Klimt, Reconstitution de la Frise Beethoven, 1985 © Belvédère, Vienne

Ces deux oeuvres ne sortiront plus d’Autriche dans la prochaine décennie. Et Etude de tête féminine sur un fond rouge (1897/98) est présentée pour la première fois au public.

Gustav Klimt, Etude de tête féminine sur fond rouge, 1897-1898. Huile sur toile  © Klimt Foundation, Vienne

L’exposition se termine sur les premières oeuvres d’Egon Schiele et d’Oskar Kokosschka, disciples de Klimt. Et propose une ouverture sur le foisonnement des arts appliqués et des métiers d’art à Vienne (pièces de mobilier, bijoux précieux, céramiques), autour d’Adolf Loos et Josef Hoffmann des Ateliers viennois (Wiener Werkstätte).

Josef Hoffmann (conception), Broche, modèle n° G 368 , 1905. Collection privée © Galerie bei der Albertina Zetter, Vienne 

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Pour Alfred Weidinger (conservateur au musée du Belvédère de Vienne), commissaire de l’exposition, la Sécession éclôt dans un contexte fertile d’idées nouvelles, en particulier avec la mise en avant des fondements de la psychanalyse. Les mystères de l’esprit révélés par Freud inspirent les artistes qui explorent à leur tour les émotions et les rêves.

Ce qui induit deux choses : le nu connaît une nouvelle vigueur – après une pause à l’époque du Classicisme -, et la femme, à la fois fatale et fragile, envahit les compositions. Son visage exprime ses états psychologiques, faisant du portrait un art majeur à Vienne dans les années 1900.

L’art de la Sécession se veut total selon le principe du Gesamtkunstwerk, défini par l’auteur romantique allemand Otto Runge et développé pa Richard Wagner. L’exposition présente donc sur le même plan peintures, sculptures, photographies, pièces de mobilier, bijoux et musique. Et c’est précisément sur cette notion d’art total que le groupe sécessionniste va se briser : des artistes naturalistes rejettent ce concept, contrairement à Klimt, Moser et Hoffman qui vont se retrouver dans l’Association des artistes autrichiens.

Je ne peux que recommander cette exposition complète qui voue à travers ses artistes un culte à la femme !

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