Etre nu, c’est être sans parole (proverbe dogon)

Voyage dans ma tête

Jusqu’au 26 septembre 2010

La maison rouge, 10 bd de la Bastille 75012, 7€

Fondateur de la maison rouge et féru d’art contemporain, Antoine de Galbert, expose cet été une autre de ses passions, plus secrète: les coiffes ethniques. Il a débuté sa collection il y a une quinzaine d’années; elle comprend aujourd’hui plus de 400 coiffes tribales. Une invitation au voyage, à la découverte des usages et rituels des couvre-chefs des quatre coins du monde.

L’exposition propose un tour du monde, de l’Afrique à l’Océanie, de l’Asie centrale à la Sibérie, à travers quelque 250 coiffes ethniques. Chacune traduit le statut et le rang d’un homme ou d’une femme dans les sociétés non occidentales. Ces parures ont en effet une fonction symbolique – pouvoir, sacré, rite de passage, séduction – mais peuvent avoir aussi un usage utilitaire (chasse, guerre).

De gauche à droite : coiffe Wagnen Abelam, Océanie, Papouasie Nouvelle Guinée, XXème siècle. Coiffe Karamajong, Afrique de l'est, Kenya, XXème siècle (c) photo Etienne PottierAntoine de Galbert s’intéresse autant à cette dimension ethnologique qu’à l’esthétisme des coiffes. Couleurs et matériaux (poils, cornes, écailles, plumes, perles, fourrure, boutons, cheveux, crânes de signes, insectes) participent de cette expérience sensorielle unique.

Imaginez une coiffe tapissée d’écailles de crocodile (Paraguay) et celle-ci composée d’une carapace de pangolin (République du Congo). Ou encore un couvre-chef de guerrier Naga (aux confins de l’Inde et de la Birmanie), orné de défenses de sanglier et surmonté d’un crâne de singe!

De gauche à droite : coiffe Bamileke, Afrique centrale, Cameroun. Coiffe/bonnet Bamiléké, Afrique centrale, Cameroun, XXème siècle. Bonnet Bamileke, Afrique centrale, Cameroun XXème siècle (c) photo Etienne PottierLe collectionneur aime traquer l’objet rare et incongru au hasard des ventes et de ses pérégrinations. “J’ai le monde entier autour de moi”, confie-t-il à Bérénice Geoffroy-Schneiter, co-commissaire de l’exposition. “C’est un véritable voyage autour et sur la tête”.

Pour B. Geoffroy-Schneiter, il n’est pas si curieux que cet amateur d’art brut et populaire, ait été “séduit par ces ‘Vanités’ qui s’ignorent”. Car l’homme aime “les objets magiques, incarnés, ceux qui se tournent délibérement vers le surnaturel et l’inconscient”.

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Bien que la collection comprenne une coiffe inuit ayant appartenu au grand explorateur danois Knud Rasmussen, il est des pièces que le collectionneur privé ne pourra posséder en raison de leur rareté. D’où la vitrine qui clôt l’exposition sur un ensemble de coiffes issues des collections du musée du quai Branly, à haute valeur historique.

La maison rouge fait partie de ces endroits culturels que je ne trouve guère le temps de visiter en dehors des vacances scolaires. Mais j’en reviens toujours bluffée (cf. l’exposition de l’été dernier sur la bande-dessinée) en me promettant d’y retourner plus souvent!

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