Du verre aussi scintillant que des pierres précieuses

Louis C. Tiffany. Panneau de mosaïque aux cacatoès à huppe jaune, 1916. Tesselles de verre. Accrington, Haworth Art Gallery (c) Photo The Haworth Art GalleryLouis Comfort Tiffany – Couleurs et lumière

Jusqu’au 17 janvier 2010

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Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard 75006, 11€

Pour sa première exposition en France depuis l’Exposition Universelle de 1900, Louis Comfort Tiffany, fils du célèbre joaillier américain Charles Lewis Tiffany, bénéficie d’une rétrospective qui rend un bel hommage à sa maîtrise du verre. Tant dans la création de lampes et bijoux que dans celle des vitraux. Une exposition lumineuse conçue par le musée des beaux-arts de Montréal au musée du Luxembourg, qui a été l’un des premiers en Europe à acquérir les oeuvres du créateur américain.


Fasciné par le scintillement des pierres précieuses qu’il admire dans la boutique de son père, Louis Comfort Tiffany (1848-1933) entreprend des études dans le design à New York et suit les cours de peinture de Léon-Charles Adrien Bailly à Paris (1868/69). Cette double formation lui permet de travailler le verre, qui le fascine par ses éclats de couleur, jusqu’à en obtenir une palette aussi riche que celle d’un peintre. Il parvient en particulier à traduire la luminosité du ciel tout en donnant un effet de profondeur à ses vitraux sans avoir recours à la peinture sur verre.

L’exposition commence par présenter un ensemble de mobilier, lampes, peintures et mosaïques pour cheminée qui le rendent célèbre. L. C. Tiffany se fait en effet d’abord connaître en tant que décorateur. Il conçoit à ce titre les intérieurs d’une clientèle influente, du magnat du sucre Henry O. Havemeyer, à l’écrivain Mark Twain en passant par le Président de la Maison Blanche Chester Arthur. L’originalité de sa démarche consiste à incorporer du verre dans ses projets décoratifs.

La seconde salle présente un ensemble exceptionnel de vitraux – pan moins connu de son oeuvre. A cette occasion, une partie des vitraux de l’église presbytérienne américaine de Montréal, réalisés entre 1897 et 1902, ont été spécialement démontés, étudiés, restaurés et transportés en France.

Tiffany innove l’art du vitrail, inchangé depuis le Moyen-Age (verre lisse, palette restreinte et personnages représentés avec du jaune d’argent ou de la peinture émaillée brossée sur plaques avant cuisson), en apportant du volume aux vêtements, de la texture aux fleurs et l’ondulation au mouvement de l’eau. Pour cela, il fait fondre ensemble différents types de verres. A la sortie du four, la surface pliée est modelée pour créer un relief. La superposition de couches de verres, parfois jusqu’à six, permet de créer une couleur irisée dont la teinte varie de manière subtile sur la surface du verre.

L’exposition présente également un vitrail inspiré d’un dessin de Toulouse-Lautrec, Au nouveau cirque, Papa Chrysanthème (musée d’Orsay). Grâce au marchand parisien d’art japonais Siegfried Bing, qui ouvre sa galerie L’Art Nouveau en 1895, Louis C. Tiffany réalise des vitraux d’après onze artistes français. Ses pièces sont uniquement commercialisées par S. Bing en Europe. Ce dernier les propose notamment aux musées européens, dont le musée du Luxembourg et le musée des arts décoratifs.

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Louis C. Tiffany. Vase Liseron. 1915. Verre Fabrile bleu et or. Detroit, The Detroit Institute of Art (c) Photo The Detroit Institute of ArtParallèlement aux vitraux, les ateliers Tiffany, avec l’aide de Arthur J. Nash, travaillent le verre en fusion. Etiré et soufflé de manière à obtenir des formes organiques, il est commercialisé sous le nom de Fabrile (du latin fabriles, “fait à la main”). Cette forme irrégulière et simple, à l’encontre de la tendance de l’époque, rencontre un grand succès. Les motifs naturalistes deviennent au fil des années de plus en plus stylisés, l’artiste rapprochant art et artisanat à l’instar du mouvement son époque l’Arts & Crafts.
Louis C. Tiffany. Boîte à timbres. Vers 1905. Bronze doré, mozaïque en verre, verre moulé-pressé. Collection Dr Gail Evra (c) Photo Richard GoodbodyA la mort de son père, Louis C. Tiffany devient directeur artistique de la Tiffany & Co (1902). Pour ses bijoux, il utilise non pas des gemmes mais des pierres semi-précieuses comme la pierre de  lune, le grenat et l’améthyste. S’inspirant toujours de formes organiques (broche à cheveux en forme de libellule, collier en forme de grappe de raisin), il réalise des objets de luxe mêlant exotisme (charnière en bronze pour évoquer l’astre solaire) et luminosité grâce à l’incorporation du verre Fabrile dans ses compositions.

L’exposition rassemble quelque 160 chefs d’oeuvre créés par Louis Comfort Tiffany à l’apogée de sa carrière (1880/90). La scénographie d’Hubert Le Gall, partiuclièrement harmonieuse et aérée, met en valeur la variété des procédés techniques et la richesse des motifs du maître verrier américain. Une exposition phare de la rentrée.

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