L’éclat des Ombres

L’Sculpture féminine. Province Guadalcanal. Bois (Alstonia scholaris), nacre, graines (Triumfetta romboides)  © musée du quai Branly, photo Claude Germain art en noir et blanc des îles Salomon

Jusqu’au 01 février 2015

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Musée du quai Branly, Paris VII

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Catalogue de l’exposition : 

Le musée du quai Branly expose des chefs-d’oeuvres des îles Salomon (archipel du Pacifique Sud), dont certains sont présentés pour la première fois depuis leur collecte.

Les îles Salomon sont découvertes au XVIe siècle par l’explorateur espagnol Alvaro de Mendana y Neira qui croit accoster les rives d’Ophir, lieu mythique où, selon la Bible, Salomon venait se procurer de l’or pour ériger le temple de Jérusalem. A défaut d’en abriter les trésors, ces îles héritent du nom du célèbre roi d’Israël.

L’archipel mélanésien des Salomon comprend quelques 900 îles et îlots. Aujourd’hui, 80 langues y sont parlées par 550.000 personnes, descendants des peuples papous, austronésiens et polynésiens.

Les îles Salomon constituent un Etat indépendant depuis 1978, après avoir été sous protectorat britannique depuis 1893. Elles ont été le théâtre de violents affrontements entre les forces armées japonaises et américaines à partir de 1942. Ces différents contacts avec les étrangers ont modifié la culture traditionnelle, générant mélanges et réinventions.

Sculpture anthropomorphe.  Iles Salomon. Bois sculpté, pigment noir © musée du quai Branly, photo Claude GermainLa présence de missionnaires et d’administrateurs coloniaux britanniques influencent la nature des objets qui circulaient jusque-là dans les échanges locaux. Les Européens stimulent la production d’une certaine catégories d’objets tandis qu’ils introduisent le métal, des copies de porcelaines fabriquées en Allemagne et des monnaies. Ils obligent les natifs à se convertir au christianisme, à céder leurs objets rituels. Et à créer un mobilier liturgique comprenant crucifix, motifs en zigzag et incrustations de nautile.

La chasse aux têtes, pratiquée pour inaugurer une pirogue de guerre ou une maison des hommes, commémorer un ancêtre ou lever l’interdit de confinement d’une veuve, est bannie par les Européens à partir des années 1920. Car elle impliquait de capturer des esclaves pour les sacrifier lors de rituels et accroître ainsi le mana des chefs. Tandis que les jeunes femmes captives étaient épousées et livrées à une prostitution ritualisée ou utilisée comme main d’oeuvre.

Fragment de pirogue. Ile Nouvelle-Géorgie. Bois sculpté en ajour et gravé, nacre icrustée, pigments © musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie TorrePour autant, la construction de figures de proue nguzunguzu se poursuit, précisent Magali Mélandri (commissaire de l’exposition, responsable des collections Océanue au MQB) et Sandra Revolon (conseiller scientifique, ethnologue au CREDO-EHESS). “Ce qui fait le bonheur des collectionneurs d’aujourd’hui”.

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Ornement de front. Coquillage (tridacne), écaille (tortue), fibres végétales tressées. Iles Salomon © musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie TorreLes îles Salomon ont beau être diversifiées culturellement, les oeuvres exposées affichent une certaine unité visuelle. Les couleurs noir, blanc, rouge contrastent avec les matières qui sont à la fois sombres et éclatantes. Cette opposition chromatique met en exergue la présence des Ombres – entités invisibles qui gouvernent l’existence des vivants – et leur capacité d’action à travers des objets magiques.

La parcours rassemble essentiellement des bijoux, parures, monnaies, pirogues, armes, bols cérémoniel ou funéraire, un mystérieux objet de danse et des effigies posées au centre des maisons des hommes.

J’ai trouvé que la scénographie minimaliste mettait particulièrement bien en valeur les objets exposés, en créant juste un jeu de lumière sur les pièces à observer ; ce qui renforce leur magnétisme.

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