Ben

Affiche de l'exposition Ben, Musée Maillol, Paris, 2016Tout est art ?

Jusqu’au 15 janvier 2017

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Catalogue de l’exposition : 

Publicité

Musée Maillol, 59/61 rue de Grenelle, Paris 7e

Le musée Maillol a été repris par la Fondation Culturespaces (qui gère aussi les expositions du musée Jacquemart-André) et, après travaux, re-ouvre avec l’oeuvre de l’artiste franco-suisse Ben Vautier (né en 1935), sur une question fondamentale de sa thématique : “Tout est art ?”.

C’est la première exposition de l’artiste à Paris dans un musée. Autant dire que le “paquet” a été mis ! Plus de 200 oeuvres révèlent son art protéiforme.

Ben, Si Dieu est partout..., 1962 (c) Collection de l'artiste

Tout le monde connaît son écriture enfantine, souvent blanche sur un tableau noir, qui questionne et met au défi ses contemporains. Mais certains seront surpris de découvrir ses sculptures et ses accumulations de sa jeunesse. Sans parler de ses crachats et autres plaisanteries scatologiques !

Si Ben est devenu un artiste populaire, il a conscience qu’il faut ne faut pas s’enfermer dans sa tour d’ivoire, qu’il faut constamment prendre du recul. D’ailleurs, pour lui, l’art contemporain est une “escroquerie”!

“ART CONTEMPORAIN
Nouvelle théorie / c’est la cupidité / pour ne pas dire l’escroquerie / qui fait avancer le monde de l’art / elle se cache / sous le tapis de l’ambition.
Une mode ? / une nécessité ? / un engrenage / du gaspillage ? / cochez les mentions inutiles.
Créer est une opération de l’esprit / qui consiste à se demander / que puis-je faire pour les étonner / de sorte qu’ils achètent / et que je devienne riche ?

Je ne jette rien, 1975/95 (c) Collection de l'artiste

 

La partie historique de l’exposition (1958-1978) a été confiée à Andres Pardey, vice-directeur du musée Tinguely de Bâle, où une rétrospective de l’oeuvre de Ben s’est tenue en 2015. Ici sont exposées ses actions de rue à Nice (où l’artiste vit toujours) – il a été un des premiers artistes en Europe à faire “descendre” l’art dans la rue, et représente de fait un protagoniste majeur du mouvement Fluxus -, ses prises de position en tant que théoricien et philosophe de l’art. Ben transforme une boutique de disques d’occasion “Le Magasin” (1958-1973) en un lieu de rencontre de la scène internationale, proposant actions et expositions. Il fonde également l’Ecole de Nice aux côtés d’Arman, Yves Klein et Martial Raysse.

Publicité

Qui doute existe, 2014. Collection Danièle Roux, Saint-Paul de Vence (c) Richard Sahel
Dans la seconde partie du parcours, carte blanche a été laissée à l’artiste pour présenter ses oeuvres les plus récentes. Ben nous fait découvrir son univers à travers ses “petites idées”, ses nouvelles écritures, ses “miroirs”, ses photographies et ses réflexions sur le temps et la mort. L’homme, à 70 ans, n’a ni perdu sa capacité d’introspection, ni ses observations cocasses sur le monde qui l’entoure.

C’est d’ailleurs le seul point qui m’a intéressé dans l’exposition ! Si ses premières appropriations étaient sûrement ambitieuses pour l’époque, je les trouve aujourd’hui dépassées et vaines. Je n’apprécie guère les accumulations d’objets insolites, c’est trop fouilli pour mon esprit qui aime le sens de l’épure. En revanche, sa lucidité sur le marché de l’art contemporain et ses joutes verbales reçoivent toute mon approbation !

 

Taggé .Mettre en favori le Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *