Pourquoi le paon est-il jugé plus beau que le crapaud?

La Beauté animale – Documentaire d’Alain Jaubert

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Arte Editions, avril 2012, 52mn

Parallèlement à l’exposition “Beauté animale” présentée aux Galeries nationales du Grand Palais jusqu’au 16 juillet 2012, Alain Jaubert explore à travers les oeuvres majeures de l’exposition le lien entre art et science, curiosité de l’animal et fascination pour sa beauté. Un DVD Arte Editions – qualité garantie!

 

Depuis les grottes de Lascaux, l’homme a montré sa fascination pour les couleurs et les formes animales. Honorées comme des dieux chez les Egyptiens, responsables de métamorphoses fatales dans l’Antiquité grecque et romaine, assimilées au diable chez les Européens du Moyen-Age mais au génie dans la Chine antique, esprits des ancêtres chez les Africains, les bêtes ont toujours été au centre des cultures humaines.

De fait, l’animal avive le débat philosophique. Au sujet de la communication entre lui et nous, de l’altérité, du fondement animal de notre propre personnalité, et de sa place dans la nature, aujourd’hui entièrement re-dessinée par l’homme.

C’est à la Renaissance qu’un nouveau rapport se construit entre l’homme et la nature. Lors des grandes explorations, des animaux exotiques sont découverts et massivement importés en Europe. Se crée alors chez artistes et savants un nouveau besoin de les observer, de décrire les espèces de la manière la plus précise possible et de transmettre leur émerveillement.

Si au Moyen-Age l’animal est surtout investi d’une signification symbolique, morale et religieuse, il est désormais regardé pour lui-même. Le naturalisme – scientifique et esthétique – devient le moyen de traduire l’animal dans sa vérité et sa beauté. Oublié l’homme pour une fois! Seul l’animal est coeur du sujet.

On doit à Dürer l’invention du Tierstück (littéralement “pièce d’animal” – son portrait), qui rend compte avec virtuosité de la beauté d’un mammifère ou d’un oiseau. Les Tierstücke de la Renaissance sont considérées comme des oeuvres à part entière et se distinguent en cela des traités de chasse ou des recueils d’études réalistes d’animaux du Moyen-Age. Elles sont signées et datées par les artistes, qui les destinent aux collectionneurs.

Les avancées en science de zoologie et d’anatomie deviennent un préalable indispensable aux artistes pour représenter l’animal. A l’aide de photographie, Marey et Muybridge tentent de décomposer le mouvement du trot d’un cheval, du vol d’un oiseau ou de la chute d’un chat. Autant de mouvements indiscernables à l’oeil humain.

A l’inverse, au lieu de décomposer le mouvement, Calder propose une vision synthétique et recommande de saisir rapidement une silhouette ou une attitude.

Alors qu’au Moyen-Age, les animaux symbolisent dans les fables les vices (cigale, lièvre, loup) et les vertus (fourmi, tortue, agneau), certains artistes tels César, Picasso et Louise Bourgeois ont réhabilité, respectivement la chauve-souris, le crapaud et l’araignée.

Le singe a toujours été considéré comme un animal à part en raison de sa troublante ressemblance avec l’homme.

Les félins sont nombreux dans l’art du fait de leur beauté farouche qui fascine. Mais aussi de la facilité qu’ils offrent à l’artiste de le représenter – avaler une gazelle nécessite quelques heures de sieste digestive! – et de leur démarche mesurée. Ce sont des modèles qui prennent facilement la pose.

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Le documentaire se termine sur les menaces que font poser l’homme sur l’espèce animal. Tel le dodo, découvert sur l’Ile Maurice en 1598 et disparu dès 1681. Sans oublier le panda ou l’ours blanc sauvage, évoqué à travers la sculpture de François Pompon et une huile de Gilles Aillaud, qui joue de l’effet trompe-l’oeil. L’animal, affalé, se confond avec la glace factice de son enclos.

Alain Jaubert (romancier, journaliste, producteur, réalisateur) avait également réalisé JMW Turner pour la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. Ce documentaire s’inscrit dans la même veine : qualité des propos tenus, beauté des images. Les reproductions d’oeuvres sont entrecoupées d’images de bêtes dans leur environnement sauvage et d’interviews dont  Emmanuelle Héran, commissaire de l’exposition. Loin de faire doublon avec celle-ci, ce DVD la complète à propos.

A noter : rencontre avec A. Jaubert et diffusion d’extraits de son film à la galerie Sponte (183, avenue du Maine, Paris XIVe) le 24 mai 2012, à partir de 18h.

 

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