“Unconcerned but not indifferent”

Man Ray, Noire et Blanche, 1936 (Photo). Tirage imprimante à jet d'encre. 24,1 x 29,2 cm (c) Man Ray Trust / ADAGP, Paris, 2008L’Atelier Man Ray

Jusqu’au 1er juin 2008

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Pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine 75008, 01 42 68 02 01, 7€

La Pinacothèque de Paris présente une facette oubliée de l’oeuvre de Man Ray (1890-1975) au regard du public français . Et pour cause, lorsque l’artiste meurt une partie de ses archives s’envole pour New York, où le Man Ray Trust est fondé. Pour la première fois, cette riche collection sort de sa chambre froide…


Man Ray, Self Portrait, 1924 (Photo). Epreuve gélatino-argentique. 24,7 x 17,7 cm (c) Man Ray Trust / ADAGP, Paris, 2008 Artiste pluridisciplinaire, Man Ray (né Emmanuel Radnitzky) est surtout connu pour ses photographies, ses portraits d’artistes (Meret Oppenheim, Jean Cocteau, Salvator Dali, Pablo Picasso, Gertrude Stein, etc.). Il l’est aussi pour ses oeuvres plus expérimentales (Noire et Blanche, Lèvres dorées, Le Violon d’Ingres, Les Larmes…).

Mais cet Américain de naissance (Philadelphie), reconnu comme artiste en France seulement – ses compatriotes ne le prennent pas au sérieux -, représente avant tout un pionner de l’art moderne. C’est à dire qu’il travaille tous les média, sans apposer de frontières entre eux. Dessin, peinture, sculpture, photographie, film, assemblages, etc.. Il touche à tout, mélange les supports, et expérimente sans cesse de nouvelles techniques, tentant d’en élargir les possibilités.
C’est en tout cas l’image forte que Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque, entend raviver par cette présente exposition. “Il ne faut pas oublier que Man Ray est avec Marchel Duchamp l’initiateur du Dadaïsme aux Etats-Unis”.

Man Ray, The Surrealists, 1930 (Photo). Epreuve gélatino-argentique. 10,1 x 13,9 cm (c) Man Ray Trust / ADAGP, Paris, 2008En effet, l’artiste collabore avec Francis Picabia pour la revue dada 391 (1920). Mais un an plus tard, il conclut que “Dada ne peut pas vivre à New York. Tout New York est Dada et ne supportera pas de rival – ne remarquera pas Dada”. Alors il embarque pour la France et tente l’aventure du Surréalisme. Avec le succès qu’on lui connaît.

L’exposition ne présente pas les oeuvres les plus célèbres de l’artiste, détenues par le Centre Pompidou, et qui ont déjà été montrées maintes fois. Mais elle propose celles du Man Ray Trust, qui détient quelque 500 objets. L’espace de la Pinacothèque étant réduit, 250 en sont ici dévoilés (350 à Madrid où a eu lieu la première présentation de l’exposition, cf. catalogue).

Man Ray's Hat, 1930 (Objet personnel) (c) Man Ray Trust / ADAGP, Paris, 2008Oeuvres de jeunesse peu connues, documents relatifs à sa vie privée, esquisses de ses oeuvres majeures et leurs clichés. Objets personnels dont le fameux chapeau melon de l’artiste, ses bagues et une sélection de bijoux qu’il a créés pour sa seconde femme Juliet Browner. Formule pour un procédé photographique chimique que Man Ray a tenté en vain de vendre aux laboratoires photographiques, premiers brouillons de son autobiographie, demande de dépôt de brevet pour un jeu d’échecs magnétique, etc.. Un énorme travail d’inventaire a du être réalisé par les commissaires de l’exposition, John P. Jacob et sa femme Noriko Fuku.

L’exposition se veut chronologique, divisée en quatre parties. Les années de jeunesse à New York (1890-1921). Paris entre 1921 – date de ses premiers rayogrammes* qui le font accéder au statut de photographe artistique – et 1940. Fuite du Nazisme qui l’exile à Los Angeles (1940-51), où il n’est pas compris mais rencontre Juliet, sa future muse. Leur retour à Paris de 1951 à 1976, où l’artiste est officiellement reconnu (médaille des Arts et des Lettres remise par l’Etat français). Cette dernière période est marquée par la reprise de ses peintures de jeunesse en lithographies et ses répliques d’objets uniques. Sceptique quant à l’aura des objets d’art, la reproduction à l’échelle industrielle convient parfaitement à Man Ray.

“Il s’agit ici d’appréhender l’oeuvre de Man Ray d’une manière plus intime, de découvrir les objets auxquels l’artiste tenait”, explique John P. Jacob. “Vous ne verrez peut-être pas les chefs-d’oeuvre de Man Ray”, enchaîne Marc Restellini, “mais les objets qui conduisent à ses chefs-d’oeuvre.”

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Le sous-titre de l’exposition “Unconcerned but not indifferent” constitue le nom d’une oeuvre de Man Ray. C’est également l’épitaphe choisie par Juliet pour la tombe qu’elle partage avec l’artiste, au cimetière du Montparnasse. “Un tel intitulé manifeste la relation complexe que Man Ray entretenait avec son art, son public, et l’héritage qui était le sien. […] cette exposition se veut avant tout une méditation sur le destin de l’oeuvre de Man Ray après sa disparition, hors du contrôle qu’il pouvait exercer sur elle de son vivant”, expliquent les commissaires de l’exposition. En effet, après la mort de l’artiste de nombreux objets ont disparu de son atelier parisien (2 bis rue Férou, Paris VIe) et certains tirages non autorisés sont ressortis sur le marché. D’où scandale…

On sent ici que le Man Ray Trust veut prouver la légitimité de son existence et mettre un terme à la rumeur qui prétend que les oeuvres qu’elle détient sont de moindre importance que celles du Centre Pompidou. Tout en aidant à faire connaître le processus de pensée et la manière de travailler d’un artiste légendaire, à l’oeuvre complexe et énigmatique.

*Rayogrammes (1921/22): Dans sa chambre noire, Man Ray place plusieurs objets de verre sur une feuille de papier sensible, imbibé de révélateur. Lorsqu’il allume la lumière, il constate: “Sous mes yeux une image prenait forme. Ce n’était pas tout à fait une simple silhouette des objets comme dans une photographie normale car ils étaient déformés et réfractés par les verres […]”.

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2 réponses à “Unconcerned but not indifferent”

  1. anais dit :

    hey!
    je suis super intéressée par l’expo de Man Ray mais je ne sais pas où acheter ou réserver les billets à l’avance HELP!!!
    merci d’avance

  2. Sophie dit :

    Bonjour,

    Tu peux cliquer sur le lien bleu en haut de l’article (sous la date de fin d’exposition) pour réserver ton billet à l’avance.
    Bonne visite!

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