Amos Gitai investit les friches du Palais de Tokyo

Traces – Une installation d’Amos Gitai

Jusqu’au 10 avril 2011

Palais de Tokyo, 13 avenue du Président Wilson 75116

Amos Gitai propose une installation sonore et visuelle, forte, dérangeante, dans les sous-sols encore inoccupés (pour peu de temps) du Palais de Tokyo. Avec “Traces”, le cinéaste poursuit sa réflexion sur l’identité, l’exil, la mémoire et le rôle de l’art dans la transmission du savoir.


Ames sensibles s’abstenir. “Traces” propose un voyage émouvant, percutant, à travers des extraits de films d’Amos Gitai. Le cinéaste israélien confronte ses propres oeuvres, avec pour objectif, de ne pas perdre conscience du passé qui s’efface. Avec la disparition des derniers témoins de la Shoah, Amos Gitai s’inquiète en effet, comme son confrère écrivain Aharon Appelfeld, de la transmission du souvenir d’une catastrophe historique que certains préfèreraient oublier. Pour A. Gitai et A. Appelfeld, ce relais d’informations ne peut plus se faire aujourd’hui qu’à travers l’art.

C’est dans le lieu même où furent rassemblés les biens juifs spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale qu’A. Gitai évoque cette violence de l’Histoire.

Le cinéaste justaxpose ainsi les cris d’une foule scandant “Mussolini” lors de la campagne électorale de sa petite-fille Alessandra (Au nom du Duce, 1994), au silence d’une vidéo tournée à Auschwitz (This is the End, 1992). Ou encore, il oppose les tourments du Proche-Orient à la valse tendre d’un couple à la veille de son arrestation.
Le visiteur voyage du Japon (Ananas, 1983) à Berlin-Jérusalem (1989).

Après l’intervention de Sophie Calle (2010), Amos Gitai ébranle un lieu dont on redécouvre l’histoire. Construit en 1934 par J.-C. Dondel, André Aubert, Paul Viard et Marcel Dastugue, le bâtiment initial comportait deux importantes ailes en arc de cercle, reliées entre-elles par un portique.

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Depuis 1961, l’aile Est héberge le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, ouvert grâce aux oeuvres du Petit Palais.
L’aile Ouest, ancien site de la Femis, est transformé en 2002 pour devenir le Palais de Tokyo, dédié à la jeune création française et internationale.
Les sous-sols, laissés en friche depuis 1995, font aujourd’hui l’objet d’un vaste projet de réhabilitation, afin de promouvoir l’innovation et les artistes confirmés de la scène française.

En attendant, donc, cette nouvelle scène d’exposition, ne manquez pas ce voyage intime proposé par’Amos Gitai. Installation qu’il perçoit comme “une psychanalyse collective”, le rôle du gouvernement de Vichy dans l’extermination des Juifs n’étant pas encore pleinement assumé par les Français.

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Une réponse à Amos Gitai investit les friches du Palais de Tokyo

  1. Armelle dit :

    Votre article m’intrigue, moi qui ne suis pas fan du Palais de Tokyo je vais aller y faire un tour un de ces soirs…

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