Albert Edelfelt (1854-1905)

Lumières de Finlande

Jusqu’au 10 juillet 2022

@PetitPalais_

Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Lumière de l’eau métallique et portraits minutieusement dressés caractérisent l’oeuvre d’Albert Edelfelt (1854-1905), peintre finlandais ayant fait carrière à Paris. Le Petit Palais lui rend hommage, dans la lignée de sa redécouverte des maîtres nordiques.


A. Edelfelt, Vue sur Haikko, 1899. Huile sur toile
Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery Collections Antell © Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen

Edelfelt naît au manoir de Kiaka à Porvoo, sur la côté méridionale de la Finlande, d’un père architecte d’origine suédoise et d’une mère, avec qui il entretiendra une longue conversation épistolaire, considérée aujourd’hui comme documentation historique.


A.Edelfelt, Meilleurs amis III (Berta et Capi), 1883. Aquarelle et encre de chine sur papier Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery © Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen

À la mort de son père, il évolue dans un cercle féminin : ses trois soeurs, sa mère, sa nourrice Fredrika Snygg, dite Tatja, toutes représentées dans ses oeuvres, tout au long de sa vie. De même que sa femme, Ellan de la Chapelle, et leur fils Erik. L’enfance constitue une thématique récurrente dans son oeuvre.

Après une formation à Helsinki, il intègre l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers puis de Paris (mai 1874), où il suit l’enseignement du réputé Jean-Léon Gérôme. C’est là qu’il apprend à se documenter, en particulier en fréquentant le musée de Cluny, où il copie costumes, meubles et objets qui lui serviront de répertoire pour ses peintures d’histoire.


A. Edelfelt, La Reine blanche, 1877. Huile sur toile
Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery donation Hjalmar Linder © Finnish National Gallery / Hannu Aaltonen

Anne-Charlotte Cathelineau (conservatrice au Petit Palais) précise qu’il se rend également au Bon Marché pour acquérir des objets comme la peau de l’ours au premier plan de La Reine Blanche (1877), reine de Suède qu’il ne représente pas en tant que souveraine mais dans son rôle de mère, chantant une comptine à son jeune fils.


A. Edelfelt, Service divin au bord de la mer, 1881. Huile sur toile
Musée d’Orsay, Paris. Photo © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Stéphane Maréchalle

Cette salle comprend la première oeuvre qui entre dans les collections françaises : Service divin au bord de la mer (1889), dans laquelle se mêlent portraits affectueux de ses compatriotes, amour des traditions de sa terre natale et limpidité de l’eau. Mais c’est sa représentation de Louis Pasteur (1885, présenté au Salon de 1886) qui sera louée par la critique. Allégorie de la science, ce portrait lui ouvre les portes du marché international.

Ses oeuvres se font de plus en plus patriotiques contre l’occupant russe. Il met en scène la quintessence de son pays, peuplé de paysans et de marins, dans des paysages de lacs et forêts, aux beaux jours. Contrairement à d’autres artistes scandinaves, sa représentation de la neige – pourtant un élément non négligeable de la vie septentrionale – reste rare. Il aime représenter les alentours de Haikko, où il se fait construire un atelier et où il se rend tous les étés. C’est là qu’il réalise de grandes compositions qu’il présente ensuite au Salon de Paris.

La dualité de son caractère, à la fois très slave et dandy parisien, sert de fil rouge à cette exposition qui donne ses lettres de noblesse à l’art finlandais. Élan qui se poursuit avec la jeune génération d’artistes tel Akseli Gallen-Kallela, présenté de manière concomitante au musée Jacquemart-André. À suivre !

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