Une aventure moderne

UAM

Jusqu’au 27 août 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Centre Pompidou, Paris 4e

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Le Centre Pompidou consacre une grande exposition à l’Union des Artistes Modernes – fer de lance de la modernité artistique française au début du 20e siècle. Peintres sculpteurs, architectes, créateurs de mobilier/tissus/bijoux, photographes, relieurs, graphistes, affichistes se réunissent dans la même veine des artistes anglais (mouvement Arts & Crafts), allemand (Bauhaus) ou néerlandais (De Stijl).

L’exposition retrace l’histoire de l’Union des Artistes Modernes (UAM), grand mouvement fédérateur du 20e siècle qui a rêvé d’un nouvel art de vivre, à la fois décoratif mais toujours utilitaire, et destiné au plus grand nombre.

Bien que moins connue que l’école du Bauhaus ou du groupe De Stijl, l’UAM – créée officiellement le 15 mai 1929 – a rassemblé de grands noms de créateurs, dont la notoriété se prolonge jusqu’à nos jours.

Ainsi de Francis Jourdain (peintre, concepteur et éditeur de meubles combinables destinés aux intérieurs modestes), fils de Frantz Jourdain, lui-même architecte de La Samaritaine (avec Henri Sauvage) et fondateur du Salon d’automne (1903). Ce dernier propose une rupture académique en rassemblant des peintres coloristes (cf. Les Fauves) pour qui la couleur devient un élément structurel de l’art décoratif, des sculpteurs, des architectes, des créateurs de mobilier. Ce mouvement fédérateur sera à l’origine de l’UAM.

Le cinéma devient source d’inspiration pour ces jeunes artistes, de même que les instruments de la vitesse telle la voiture dont la monoplace bleu roi de Rolland Pilain est exposée. Pierre Chareau se fait connaître par son bureau conçu pour le pavillon français de l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Il s’entoure de l’éclairagiste André Salomon et de la créatrice de tissus Hélène Henry, aux motifs, coloris et matières inédits.

Les sculpteurs Joël et Jan Martel accompagnent les maîtres verriers Barillet, Le Chevallier et Hanssen autour de l’architecte Robert Mallet-Stevens.

Jean Prouvé se fait connaître par ses meubles en métal plié et ses huisseries industrialisées.

Sonia Delaunay développe son oeuvre sur de multiples supports, tissus d’ameublements, reliures, vêtements. Son mari Robert s’associe à Félix Aublet pour les pavillons des chemins de fer et de l’aéronautique de l’Exposition des arts et techniques de la vie quotidienne à Paris (1937).

Sont également présents les sculpteurs Joseph Csaky, Gustave Miklos, Etienne Béothy ; les affichistes Jean Carlu, les relieurs Rose Adler et Pierre Legrain, les architectes Le Corbusier, Georges-Henri Pingusson, Charlotte Perriand, formée auprès de La Corbusier et de Jeanneret. Au moins 250 noms sont rassemblés dans cette Union, qui s’exprime principalement par le biais des expositions. C’est l’occasion pour eux de promouvoir la force du collectif, présenter de nouveaux matériaux techniques, affirmer l’absence de hiérarchie entre les arts. Seul « hic », – contrairement à l’Allemagne par exemple -, c’est l’absence du soutien de l’Etat et de l’industrie pour soutenir leurs créations.

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« L’UAM a connu la crise de 1929, la montée du fascisme, a retrouvé espoir avec l’arrivée du Front populaire, a survécu à la Seconde Guerre grâce à l’exil. Elle a cru son heure de gloire avec la reconstruction du pays mais a fini par se dissoudre dans les années 1950 », résume Frédéric Migayrou (directeur adjoint du Musée national d’art moderne, Création industrielle), un des trois commissaires de l’exposition.

Les commissaires travaillaient depuis 20 ans à rassembler les oeuvres de l’UAM ! L’exposition est conséquente. Les premières salles sont particulièrement riches en oeuvres sur des supports différents, dotées d’une grande chaleurosité grâce à leurs couleurs vives et motifs floraux. La suite du parcours se concentre sur l’architecture et le mobilier métallique. Ce qui vaut à l’UAM des critiques à l’époque de « machinisme », de « dégénérescence », de « bolchevisme ». Sans adhérer à ces propos accentués politiquement, je ne peux m’empêcher de penser que ces pièces sont souvent marquées d’un « affreux nudisme » !

 

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