Reconstitution des grottes de Dunhuang

Tête monumentale de Bodhisattva. Sculpture, terre. Paris, musée Guimet (c) RMN / DRTrésors de Dunhuang – Mille ans d’art bouddhique

Jusqu’au 28 février 2009

[fnac:http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Musee-DROIT-D-ENTREE-AU-MUSEE-MGUIM.htm]
Musée Guimet, 6, place d’Iéna 75116, 6,50€

Centre Culturel de Chine à Paris, 1, bd de la Tour-Maubourg 75007, 5€

A l’occasion de sa réouverture, le Centre Culturel de Chine à Paris s’associe avec le musée Guimet pour présenter une exposition sur les trésors des grottes Mogao (« Eminence sans pareille ») ou grottes des Mille Bouddhas. Situées dans le nord-ouest de la Chine, près de Dunhuang (province du Gansu), 492 chapelles rupestres abritent un ensemble de statues et peintures murales constituant l’un des plus grands trésors d’art bouddhique au monde, classés au patrimoine de l’Unesco depuis 1987. Aujourd’hui, deux institutions parisiennes proposent d’en découvrir la teneur artistique exceptionnelle.


Selon la légende, en 366 de notre ère, un moine aurait eu la vision d’un halo de lumière dont aurait émergé mille bouddhas. D’où l’aménagement d’un vaste sanctuaire dédié aux mille divinités bouddhiques, entre le Ve et le XVe siècle. Un projet sur tant de siècles permet de retracer l’évolution des courants doctrinaux du bouddhisme et ses voies de transmission à la Chine par la Route de la Soie. Les moines viennent y méditer et y peindre, selon la tradition, des oeuvres murales qui décrivent la vie et l’oeuvre du Buddha historique.

L'heureuse, Terre Pure d'Amitabha (littéralement, 'lumière infinie') - un des Bouddhas les plus importants et les plus populaires du mahâyâna, début du Xe siècle. Peinture, couleurs sur soie. Grottes de Mogao, Dunhuang. Paris, musée Guimet (c) RMN / Richard LambertSi des expositions parisiennes avaient déjà porté sur ce « prestigieux sanctuaire rupestre » (Jacques Giès, Président du musée des arts asiatiques Guimet), pour la toute première fois, la réalité des grottes est reconstituée. Le Centre Culturel de Chine propose une scénographie restituant les grottes n° 25 et 275, dans leur grandeur nature, soit 5m de haut. Les peintures murales, les sept statues et les socles sont également rendus dans leur exactitude architecturale. Dans le « vieux bâtiment » sont présentés des objets et des oeuvres de grands maîtres qui se sont inspirés de l’art du site de Dunhuang, tel le célèbre peintre Zhang Daqian (1899-1983).

Stèle votive bouddhique, 550-577 ap. J.-C.. Vue de face de Buddha Cakyamuni debout sur une fleur de lotus entre deux disciples et deux boddhitsattva. Paris, musée Guimet (c) RMN / Thierry OllivierLe musée Guimet propose, quant à lui, un nouvel accrochage permettant d’identifier les oeuvres bouddhiques chinoises: sculptures, peintures liturgiques et votives, statuaire des grottes.
Buddha assis en méditation. Paris, musée Guimet (c) RMN / Richard LambertLes statues du Buddha sont réalisées en torchis et peintes de couleurs vives. La plus grande culmine à 34,5m.
Les peintures murales les plus anciennes reflètent une influence indienne tandis que les plus tardives s’inspirent des arts d’Asie centrale et des régions himalayennes chinoises.

Les grottes Mogao ont été abandonnées au XVe siècle. Elles se dégradent alors par érosion (vent, sable, eau) mais aussi en raison de pillages successifs. Miraculeusement, la Révolution culturelle maoïste épargne le site.

Vue extérieure des grottes 1 à 40 par Charles Nouette. Chine, province du Gansu, Dunhuang, grotte aux manuscrits, entre le 25 février et le 27 mai 1908. Epreuve à la gélatine sur papier. Paris, musée Guimet, archives photographiquesLes chapelles rupestres sont redécouvertes au début des années 1900. Un gardien des lieux taoïste, Wang Yuanlu, remarque un endroit complètement scellé. Lorsque les murs sont détruits, une petite grotte secrète apparaît. Des manuscrits et documents religieux, datés entre 406 et 1002 ap. J.-C., la remplissent. Pour majorité, des sutras bouddhiques, mais aussi des livres sur l’histoire, l’art et la littérature chinoise, imprimés 600 ans avant la Bible de Gutenberg. De plus, la grotte bibliothèque contient non seulement des écrits taoïstes et confucéens mais aussi des vestiges chrétiens (documents administratifs et livres de prières). Ainsi, par le pur fruit du hasard, Wang Yuanlu réalise l’une des plus grandes découvertes archéologiques du XX siècle!

Paul Pelliot dans la grotte des livres par Charles Nouette. Chine, province du Gansu, Dunhuang, grotte aux manuscrits, entre le 25 février et le 27 mai 1908. Epreuve à la gélatine sur papier. Paris, musée Guimet, archives photographiquesLa nouvelle de ce trésor attise la curiosité des explorateurs qui empruntent la Route de la Soie. Des groupes d’expédition se rendent à Dunhuang. Le plus célèbre d’entre eux est composé du Britannique Sir Marc Aurel Stein (1862-1943), du Français Paul Pelliot (1878-1945) et du Japonais Otani Kozui. Le parcours de l’exposition du musée Guimet présente une sélection des clichés pris par Charles Nouette (1869-1910) lors de l’expédition réalisée par l’éminent sinologue P. Pelliot (1908).

Deux expositions complémentaires qui peuvent être vues l’une après l’autre du fait de leur proximité géographique. Elles invitent à s’imprégner de l’univers bouddhique grâce à la restitution des lieux réalisée de manière spectaculaire. Une véritable expérience spirituelle.

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