De Jules César à Marianne

Aureus d'Antonin le Pieux. Or, en 145 et 161 © Carole Rabourdin / Musée Carnavalet / Roger-ViolletL’Or du pouvoir

Jusqu’au 25 mai 2017

Crypte archéologique de l’île de la Cité, 7 place Jean Paul II, Parvis Notre-Dame, Paris 4e

La Crypte archéologique de l’île de la Cité présente l’histoire de Paris à travers ses différentes monnaies. Statères des Parisii, Aureus d’Antonin le Pieux, quadruple louis d’or de Louis XIII, pièce de 100 francs en or de Napoléon III : ces monnaies n’auront plus de secret pour vous. A vous la richesse … du savoir !

En lien avec les vestiges archéologiques de la Crypte, l’exposition débute à l’emplacement de la première fortification de Paris, dont on voit encore le soubassement du rempart construit à partir de 308 après J.-C..

Crypte archéologique, vue des termes © Pierre Antoine

Le parcours, scindé en dix étapes, met en avant les personnages historiques qui ont façonné le destin de la ville. Pour résumer, les Parisii – nom d’un peuple gaulois venu d’Outre-Rhin vers le IIIe siècle avant notre ère – fondent la cité gauloise. Jules César gagne la bataille de Lutèce. L’empereur Julien prend le pouvoir dans l’île de la Cité. Philippe IV le Bel et Charles V modernisent la ville médiévale. Napoléon III initie les développements de la capitale actuelle. Or (!), tous ces puissants ont gravé dans le métal leur effigie et leurs symboles.

Monnaie en or (avers). Julien. Epoque gallo-romaine © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La fabrique de la monnaie nous éclaire également sur la manière dont s’exerce le pouvoir. Jules César obtient du Sénat le droit de frapper de son vivant des pièces à son effigie. Louis XII est le premier roi de France à faire figurer son portrait sur une pièce. La monnaie devient peu à peu un instrument de propagande et de légitimation de l’autorité royale ; Louis XIII donne son nom au célèbre Louis d’or. Louis XIV décline son portrait de manière sophistiquée. Napoléon III reprend, bien après César et Charlemagne, les emblèmes impériaux de l’aigle et de la couronne de laurier. La Révolution puis la République s’inscrivent dans cette tradition et remplacent la figure du souverain par un système de motifs allégoriques : le génie ailé – le coq symbole de la vigilance -, le bonnet de la liberté et la figure de Marianne.

Albert-Désiré Barré (1818-1878). Pièce de 100 francs en or de Napoléon III, 1867 © Julien Vidal / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La stylisation des pièces de monnaie est saisissante mais le must de l’exposition est certainement l’ensemble des dispositifs interactifs qui permettent à un sujet historique de s’animer sous nos yeux. Agrandissement des monnaies, vues en 3D de l’agrandissement de Lutèce (dont ses fameuses arènes !), possibilité de photographier son effigie sur une monnaie : tout est mis en oeuvre pour que petits et grands se passionnent pour la thématique. Well done !

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