Lee Ungno

L’homme des foules

Jusqu’au 19 novembre 2017

Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, Paris 8e

Le musée Cernuschi présente l’oeuvre d’un pionnier de l’art contemporain coréen : Lee Ungno (1904-1989). Peintre reconnu du XXe siècle, il a fondé l’académie de peinture orientale à Paris (1964), abritée au sein du musée.

Héritier de la dynastie des Yi (1392-1910), Lee Ungno étudie au Japon pendant la période coloniale. Il y découvre le lexique pictural occidental qu’il apprend à incorporer dans ses peintures à l’encre. Il retourne ensuite en Corée où il est fait prisonnier politique pendant deux ans et demi, sous la présidence de Park Chung-Lee (1971/79).

Après un passage par l’Allemagne de l’Ouest où l’artiste s’intéresse aux textures, Lee Ungno s’installe en France en 1959. Il intègre l’école de Paris. Très vite, il abandonne les motifs traditionnels et se tourne vers l’abstraction. Il côtoie Hartung, Soulages, Zao Wou-ki.

 

 

L’exploration des relations entre calligraphie et abstraction le conduit à la thématique des Foules, perçue comme un symbole de la lente transition démocratique de la Corée du Sud. Chacune des figures, dont l’ensemble semble former une danse collective en zig zag, est animée d’une vie propre qui incarne le cri du peuple contre la répression du soulèvement de Gwangju (1980) et la capacité à s’unir. L’artiste devient ainsi une figure de résistance face au totalitarisme politique de son pays.

La femme de Lee Ungno, la peintre Park In-kyung, dirige aujourd’hui l’Académie de peinture orientale à Paris. Cette dernière diffuse les choix d’enseignement du maître : refus de la pratique de la copie et de la transmission d’un vocabulaire formel pour mettre l’accent sur la maîtrise du trait et des outils du peintre. Les préceptes esthétiques se limitent à à des questions de composition et à l’instauration d’un dialogue avec la nature.

Le parcours présente 82 oeuvres issues de la collection Lee Ungno léguée au musée Cernushi, qui possède un fond de 130 oeuvres réalisées entre 1953 et 1989. Ses Flamants roses, ses séries sur le bambou – « un coeur aimant les bambous est la source de l’art », disait le peintre -, ses représentations de Foules autant que ses modèles pour les manufactures de céramique (Sèvres) et de cristal (Baccarat) conjuguent magnifiquement composition dynamique et énergie des traits, si légers et puissants à la fois. Un artiste qui mêle avec brio les enseignements de l’Extrême-Orient et de l’Europe.

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