Le Japon au fil des saisons

Suzuki Kiitsu (1796-1858). Grues. Paire de paravents. Havard Art Museums. Promised gift of Robert S. and Betsy G. FeinbergCollection Robert & Betsy Feinberg

Jusqu’au 11 janvier 2015

Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, 7 avenue Vélasquez, Paris VIII

Havre de paix aux abords du parc Monceau, le musée Cernuschi propose une exposition sur la représentation de la Nature dans la culture japonaise, dont elle est loin d’être un simple motif décoratif.

La sensibilité des Japonais envers la nature, perceptible dans le culte shinto, est traduite en littérature à l’époque des Heian (794-1185). Les poètes – aristocrates éduqués vivant dans des palais, en dehors des réalités rurales – se font les chantres d’une nature idéalisée.

Tawaraya Sori (actif vers 1764-1780). Erables en automne. Paravent. Harvard Art Museums. Promised gift of Robert S. and Betsy G. FeinbergIls posent les bases d’une codification esthétique, associant des émotions à des saisons, des plantes et des animaux. Les fleurs de cerisier incarnent ainsi le printemps, le feuillage rouge des érables, l’automne.

A la peinture des saisons (shiki-e), des douze mois de l’année ou « fêtes mensuelles » (tsukinami-e), des sites célèbres (meisho-e) s’ajoutent à partir du XIIIe siècle des motifs chinois de fleurs (orchidée, tige de bambou) et d’oiseaux (phénix).

Si le nom des artistes exposés sont méconnus en France, ils ne le sont absolument pas au Japon. Il s’agit même des « grands noms de la peinture japonaise », explique Christine Shimizu, directrice du musée Cernuschi et commissaire de l’exposition.

Trois grands courants picturaux des XVIIIe et XIXe siècles sont présentés :

Ike no Taiga (1723-1776). Bambou dans la tourmente. Rouleau vertical (kakemono). Harvard Art Museums. Promised gift of Robert S. and Betsy G. Feinberg1) Le mouvement sinisant du Nanga (« peinture du Sud ») autour d’Ike no Taiga (1723-1776), Shen Nanpin (rare artiste chinois venu au Japon) ou Tani Buncho (1763-1840) ;

Maruyama Okyo (1733-1795). Paon et pivoines, 1768. Rouleau vertical (kakemono). Havard Art Museums. Promised gift of Robert S. and Betsy F. Feinberg2) L’école réaliste Maruyama-Shijo avec Maruyama Okyo (1733-1795) et son disciple Matsumura Goshun (1752-1811) qui découvrent les principes de la perspective linéaire occidentale (par rapport à la perspective plongeante typiquement japonaise), grâce aux ouvrages scientifiques qui arrivent par le port de Nagasaki, le seul ouvert au commerce extérieur ;

3) Le courant décoratif Rinpa avec Ogata Korin (1658-1716) puis Sakai Hoitsu (1761-1828).

Suzuki Shonen (1849-1918). Lune dans les nuages. Rouleau vertical (kakemono).L’exposition s’achève sur la peinture japonaise (Nihonga) moderne, définie après la disparition du shogunat, avec Lune dans les nuages – pour les Japonais, la lune n’est jamais aussi belle que derrière un nuage  – de Suzuki Shonen (1849-1918).

Ces oeuvres appartiennent toutes à la collection des Américains Robert et Betsy Feinberg, l’une des plus importantes en dehors du Japon. Cette collection a été initiée sur la suggestion de la soeur de Betsy, alors conservateur d’art japonais au Brooklyn Museum, à New York, à partir des années 1970.

Une exposition qui nous entraîne dans un monde sensoriel apaisant et nous fait percevoir l’intense intellectualisation du travail des artistes qui ne réalisent pas d’essai avant de tremper leur pinceau sur la soie…

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Une réponse à Le Japon au fil des saisons

  1. Encore merci pour ces précieuses infos !

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