De Zurbaran à Rothko

Collection Alicia Koplowitz – Grupo Omega Capital

Jusqu’au 10 juillet 2017

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Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, Paris 8e

Le musée Jacquemart-André présente pour la première fois au public les trésors artistiques d’Alicia Koplowitz (Grupo Omega Capital) – très connue en Espagne -, qui a réuni des chefs-d’oeuvre de l’Antiquité à nos jours. Une collection marquée par de nombreuses figures féminines.

Alicia Koplowitz est la présidente de la société d’investissement Grupo Omega Capital, et d’une fondation venant en aide aux personnes atteintes de sclérose en plaques. Elle a reçu les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur en reconnaissance de sa carrière professionnelle, de son engagement social et de ses relations privilégiées avec la France (2006). Sa collection d’art est réputée à travers l’Europe, bien que peu connue en France.

Les sculptures antiques côtoient les maîtres anciens et modernes puis contemporains. La scénographie reproduit les groupements d’oeuvres telles qu’elles sont disposées chez la collectionneuse. D’où l’atmosphère intime qui s’en dégage.

 

Francisco de Zurbaran introduit le parcours avec sa délicate Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste (vers 1659) et donne le ton avec la prédominance de portraits féminins. En particulier ce somptueux  portrait de Dona Ana de Velasco y Giron, duchesse de Bragance, de trois-quarts, en habit de cour (1603), réalisé par Juan Pantoja de la Cruz (1553-1608). L’oeuvre est marquée par la richesse du costume d’apparat, la taille impressionnante de la collerette en dentelle, typique du luxe ostentatoire de la cour de Philippe III.
Cette première salle présente également une exotique Vierge au chapeau avec l’Enfant dite Vierge gitane (1567/68) de Luis de Morales (1509-1586) et des Goya inattendus et lumineux (Hercule et Omphale, 1784). « Des maîtres espagnols absents des collections publiques françaises », remarque Pablo Melendo Beltran, commissaire de l’exposition.

La salle suivante est consacrée aux Italiens : Canaletto, Guardi, Tiepolo, Antonio Joli, qui ont pu vivre en Espagne. Tel Tiepolo car son père avait été appelé par le roi Charles III pour réaliser la fresque de l’Apothéose de l’Espagne. Les vedute de Canaletto et les capriccios vénitiens de Guardi font face aux vues de Madrid de Joli, reflétant les liens qu’avaient alors tissé l’Italie et l’Espagne.

La troisième salle introduit l’art moderne. La collectionneuse a rassemblé au moins une pièce maîtresse de chacun des témoins de l’effervescence des 19e et 20 siècles. Sont ici exposés Un Vase avec oeillets de Van Gogh (1890) et Femmes au bord de la rivière de Gauguin (1892), encadrant deux femmes énigmatiques : La Liseuse de Toulouse-Lautrec (1889) et Femme à la robe bleue d’Egon Schiele (1911), esquissée à l’aquarelle et au lapis.

Attachée à ses racines espagnoles, Alicia Koplowitz ne pouvait manquer d’acquérir des Picasso ! Là encore, elle choisit, entre autres, l’étonnant Demi-nu à la cruche 1906), peint à Gosol, dans la campagne catalane, caractéristique de sa période rose.

Plus loin, c’est la Femme au grand chapeau de Kees van Dongen (1906) qui capte notre regard par la crudité de ses couleurs, mise en regard de la mélancolique et séduisante Rousse au pendentif (1918) d’Amadeo Modigliani.

 

Les dernières salles présentent des oeuvres contemporaines dont le lumineux N°6 (Jaune, blanc, bleu sur jaune sur gris) de Mark Rohtko (1954) qui joue sur la juxtaposition des couleurs et leurs vibrations en fonction de leur intensité. L’élégante Feuille de Germaine Richier (1948), à la fois statue immobile et semblant sur le point de se mouvoir, associe le végétal et l’humain, le réel et l’imaginaire. Elle paraît si fragile devant la Spider III de Louise Bourgeois (1998). Et le vacillant Kula Be Ba Kan de Miquel Barcelo (1957), qui représente une barque africaine surpeuplée, sur un fonds marin où le travail de la matière est fascinant.

Ne pas rater en sortant le film sur le reste de la collection, notamment les sculptures géantes de R. Serra et A. Kapoor, incorporées dans le vaste domaine végétal de la collectionneuse. L’ensemble fait rêver !

 

 

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