Autophoto

De 1900 à nos jours

Jusqu’au 24 septembre 2017

Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail, Paris 14e

La Fondation Cartier pour l’art contemporain consacre une exposition sur la relation entre la photographie et l’automobile, de 1900 à nos jours. La fabrication des voitures au début du 20e siècle a engendré des répercussions esthétiques, sociales, industrielles, environnementales, que la photographie s’est chargée de documenter.

Jacques Henri Lartigue, Germaine Krull, Robert Doisneau, Brassaï figurent parmi les premiers photographes à capturer les frissons liés à la vitesse, les distorsions étranges produites par le mouvement, le chaos du trafic parisien ou encore le spectacle des phares dans la nuit.

« La photographie, outil de l’immobilité, a bénéficié de l’automobile, outil de mobilité », commentent les commissaires de l’exposition, Xavier Barral et Philippe Séclier. Et de poursuivre « Avant que l’asphalte n’inonde les routes, asphyxiant les traces de pneus sur les chemins, les automobiles dessinaient une sorte de fil d’Ariane, nous raccrochant à l’espace et au temps ».

Dans les années 1960, l’automobile devient le symbole de l’autonomie, de la liberté et de la réussite sociale. Aujourd’hui, les axes routiers sont saturés, entraînant une pollution aussi dangereuse que la voiture et ses accidents de la route. Si, grâce à l’automobile, Pierre de Fenoÿl et Lee Friedlander rendent compte de la beauté d’une région, d’autres comme Robert Adams et Alex MacLean dénoncent les métamorphoses qu’elle entraîne sur les paysages, remplaçant montagnes et canyons par infrastructures routières, lotissements de banlieue et parkings gigantesques.

« Mais déjà une nouvelle ère approche, celle de la voiture semi ou totalement autonome, bardée d’algorithmes, de caméras et de capteurs… »

Le parcours reflète cette histoire de l’automobile. Le rez-de-chaussée évoque les rues rectilignes nord-américaines et présente des portraits de voitures. Profils galbés de véhicules se détachant sur fond de neige ou nocturne (Yasuhiro Ishimoto, Langdon Clay), sections de voitures américaines aux couleurs vives (William Eggleston, Andrew Bush), Formules 1 aérodynamiques (Bernard Asset, Antoine Schneck).

La visite se poursuit dans une salle dédiée au road trip où l’on découvre paysages et infrastructures rencontrés le long des routes.
Le circuit automobile et ses routes en lacets sont incarnés par un flux sinueux tandis que les sections des cimaises rappellent la carrosserie des voitures. A chaque virage en épingle, certaines oeuvres deviennent des sorties en trompe-l’oeil. Du haut de la librairie, on a l’impression que le parcours ressemble à un échangeur d’autoroute.

Le sous-sol évoque l’industrie, avec un fil linéaire comme si l’on suivait une chaîne de montage. R. Doisneau et R. Frank témoignent de la vie dans les usines de production. Stéphane Couturier dénonce la nature de plus en plus déshumanisée du travail industriel contemporain. Arwed Messner s’est intéressé à l’utilisation de la voiture dans la société et révèle comment les Allemands de l’Est se cachaient dans leur véhicule pour tenter de fuir leur pays. Jacqueline Hassink dévoile comment les femmes sont mises en scène dans les salons automobiles du monde entier. Valérie Belin étudie le culte voué aux voitures et transforme les moteurs en coeur humain.

Dans la dernière salle, on découvre d’une part les vestiges d’une Citroën Traction ensevelie sous la végétation (Peter Lippman). D’autre part, l’ingéniosité des mécaniciens ghanéens qui, face à l’accumulation des déchets automobiles, recyclent des pièces pour monter la Turtle 1 – Building a Car in Africa, adaptée au terrain du pays, particulièrement chaotique !

Des relevés topographiques effectués par les frères Michelin dans les années 1900 à la Ferrari immortalisée par Antoine Schneck, du portrait de famille africaine posant fièrement devant sa voiture (Seydou Keïta) à la poupée Barbie dans sa coupé rose (Andrew Bush), des séries industrielles high tech de Stéphane Couturier aux ruines végétalisées de Peter Keetman, le visiteur découvre les relations entre photographie et automobile, mais surtout son rôle essentiel dans la société. On trouvera cette exposition plus ou moins captivante en fonction de son degré d’affinité avec la voiture. N’étant pas particulièrement passionnée par l’engin, j’ai finalement été séduite par l’exposition !

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