« Après la mer, c’est la forêt de Fontainebleau qui m’a le plus impressionné »

Claude Monet, Le Pavé de Chailly, vers 1865, Huile sur toile, Copenhague - (c) Ordrupgaard, Pernille KlempLa forêt de Fontainebleau: un atelier grandeur nature

Jusqu’au 13 mai 2007

Musée d’Orsay, 1 rue de la Légion d’Honneur 75007, 01 40 49 48 14
Niveau 0, côté Seine, grand espace d’exposition, 7,50€ (5,50€ le dimanche)

L’exposition qui s’ouvre au musée d’Orsay souligne la place essentielle de la forêt de Fontainebleau dans l’histoire de l’art du XIXè siècle.


Dès la fin du XVIIIè siècle, quelques artistes pionniers, tel Lazare Bruandet (1755-1804), innovent en peignant « d’après nature », loin de leur atelier.
Plus tard, Jean-Joseph-Xavier Bidauld (1758-1846), Théodore Caruelle-d’Aligny Alexandre Desgoffe, Vue du massif des Trois Pignons: forêt de Fontainebleau, 1835, Huile sur toile, Paris, musée du Louvre, département des Peintures - (c) Photo RMN / Daniel Arnaudet $$(1798-1871), Alexandre Desgoffe (1805?-1882), Jacques-Raymond Brascassat (1804-1867), et surtout Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) revendiquent fermement cette nouvelle manière de travailler, en plein air.

Camille Corot, Un artiste passant dans un chaos de rochers, vers 1829-1830, Huile sur papier marouflée sur toile - (c) musée d'Art et d'Histoire de Neuchâtel, Suisse, legs Yvan et Hélène Amez-DrozEn 1833, Théodore Rousseau (1812-1867) s’installe à Barbizon. Village qui a donné son nom à la célèbre école de peinture éponyme, à laquelleJean-François Millet, La Porte aux vaches, par temps de neige, 1853, Dessin, crayon noir estompé sur papier beige, Paris, musée d'Orsay, conservé au département des Arts graphiques du musée du Louvre - (c) Photo RMN / Droits réservés adhèrent Corot et Rousseau, mais aussi Jean-François Millet (1814-1875) et Gustave Courbet (1819-1877). Hameau pittoresque, niché au coeur de la forêt de Fontainebleau, Barbizon est décrit par Victor Hugo comme étant « presque une succursale de l’école de Rome, dont l’auberge du père Ganne peut passer pour la villa Médicis » (revue Illustration,1858).

En effet, toute une génération de jeunes peintres changent radicalement l’art du paysage. Narcisse Diaz de la Pena (1807-1876), Constant Troyon (1810-1865), Charles Jacque (1813-1894), Jules Dupré (1812-1889) « fouillent le visible », traquent les éléments de la nature – arbres, rochers, sables et paludes. Des motifs choisis dans un répertoire de sites étoilés par le tourisme naissant: gorges de Franchard, d’Apremont et gorge aux Loups; mare aux fées; Bas Bréau à Chailly; Belle Epine; massif des Trois Pignons; vallée de la Solle, etc.

Eugène Cuvelier, Arbres et Rochers de la forêt de Fontainebleau sous la neige dit aussi Chemin entre les rochers, 1862, Photographie, papier salé, Paris, Bibliothèque nationale de France - (c) Cliché Bibliothèque nationale de FranceBientôt, cette première génération d’artistes est rejointe par les pionniers de la photographie, Gustave Le Gray (1820-1884), Eugène Cuvelier (1830-1900), Georges Balagny (1837?-1919?), en quête d’un studio en plein air.

Vers 1860, Charles Gleyre envoie ses élèves faire leur apprentissage dans laAlfred Sisley, La Lisière de la forêt de Fontainebleau, dite à tort Allée de châtaigniers à La Celle-Saint-Cloud, 1865, Huile sur toile, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de Paris - (c) Photothèque des musées de la ville de Paris, Cliché Pierrain forêt. Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Alfred Sisley (1839-1899), Frédéric Bazille Claude Monet, Le Déjeuner sur l'herbe, 1865-66, Huile sur toile, Paris, musée d'Orsay, acquis par dation en 1987 - (c) Photo RMN / Droits réservés(1841-1870), et Claude Monet (1840-1926), se collent à l’exercice. En résulte Le Déjeuner sur l’herbe (1865-66) de Monet, véritable manifeste de la peinture moderne.
Après quoi, les artistes étrangers font de ce lieu naturel une étape obligée de leur tour d’Europe.

Peintres autant qu’écrivains romantiques conçoivent la forêt de Fontainebleau comme un terreau fertile qui nourrit leur imagination. « Un arbre est un édifice, une forêt une cité; entre toutes la forêt de Fontainebleau est un monument », écrivait Victor Hugo en 1874.
Pablo Picasso, La source, Fontainebleau, 1921, Crayon gras sur toile, Paris, musée Picasso - (c) Photo RMN / Jean Gilles Berizzi / Succession Picasso 2007 Georges Seurat (1859-1891), André Derain (1880-1954), Paul Cézanne (1839-1906), etPaul Cézanne, Neige fondante, 1879-80, Huile sur toile, Museum of Modern Art, New York, don André Meyer (1961), Digital Image - (c) 2006, The Museum of Modern Art / Photo Scala, Florence même Pablo Picasso (1881-1973) y puisent leur inspiration.

Plus qu’un effet de mode, la promenade en forêt de Fontainebleau conquiert tout visiteur par sa variété de paysages, comme en témoigne l’ensemble des toiles regroupées dans cette exposition. Sombre futaie contre clarté aveuglante des sables, gorges et rochers Georges Seurat, Allée en forêt de Barbizon, 1883, Huile sur toile, Paris, musée d'Orsay, donation sous réserve d'usufruit consentie à l'Etat à titre anonyme, 2000 - (c) Photo RMN / Michèle Bellot $$gigantesques contre mare argentée paisible sont rendus avec autant de styles, propres à chacun des artistes – pointillisme, fauvisme, cubisme, etc..

Après la photographie, c’est au tour du cinémographe, dont l’esthétique participe au développement de la peinture d’histoire, de s’approprier les lieux. Y sont tournés, entre autres, La Guerre du feu (1913), Quatre-vingt-Treize (1921), Le Joueur d’Echec (1927), et Guillaume Tell.

Peu de personnages habitent ces peintures. Seul un bûcheron ou une bergère qui se fond dans l’anfractuosité d’une roche sont représentés. Alors que la forêt était peuplée de nombreux chasseurs, braconniers, ramasseurs de bois et de champignons.

Une expo pour les amateurs de la nature vierge donc, qui sauront apprécier toutes les nuances de couleurs, de motifs. Et la grandeur de cet espace, aujourd’hui classé réserve naturelle.

A noter: du vendredi 23 mars au dimanche 1er avril 2007, installation sur le parvis du musée d’Orsay d’un tryptique « paysages tableaux de la forêt de Fontainebleau », grâce au soutien de l’ONF. Le public pourra « entrer » dans l’un de ces tableaux-paysages et se promener en circulant sur le parvis autour de ces trois espaces. Dépliant découverte pour les enfants à partir de 8 ans aux comptoirs d’information.

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2 réponses à « Après la mer, c’est la forêt de Fontainebleau qui m’a le plus impressionné »

  1. Ping :Bleau

  2. francoise lockwood dit :

    Jamais je n oublierai Fontainebleau et sa foret.

    J ai passe mes 2o premieres annees a Fontainebleau et etant

    enfant, j ai passe des heures enchantees dans cette foret.

    J habitais a cote de la foret. Je me revois encore devalant

    les escaliers pour filer dans les allees.

    Fontainebleau, tu resteras toujours dans mon coeur.

    J habite depuis bien longtemps en Amerique mais j ai

    bien souvent pense a « ma foret »! Francoise Lockwood

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