L’espace est silence

Zao Wou-Ki

Jusqu’au 6 janvier 2019

Catalogue de l’exposition : 

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 12-14 avenue de New York, Paris 16e

Le musée d’Art moderne de la Ville de Paris entreprend de grands travaux de mise aux normes d’accessibilité. Les salles inférieures restent accessibles, côté Seine. C’est là que sont présentés les grands formats de Zao Wou-Ki (1920-2013) des années 1956 à 2006.

Erik Verhagen, commissaire associé de l’exposition, propose un nouveau regard sur l’oeuvre de Zao Wou-Ki, pour le sortir de la lecture classique de l’Ecole de Paris. “Son rapport à l’abstraction est plus bien plus complexe qu’il n’y paraît”, explique-t-il en guise d’introduction de cette exposition qui durera exceptionnellement plusieurs mois.

La dernière exposition parisienne sur l’artiste remonte à 2003. C’était une rétrospective présentée au Jeu de Paume. E. Verhagen, accompagné de François Michaud et de Marianne Sarakari (ancienne directrice du MAMVP), ont décidé de ne pas reprendre cette organisation pour se concentrer sur une quarantaine de grands formats de la fin de carrière de l’artiste.

Le parcours débute au moment où l’artiste fait un voyage aux Etats-Unis et découvre les grands espaces, qu’il transcrit sur toile. S’il quitte la Chine en 1948 pour s’installer en France, encouragé par Vadime Elisseeff (alors attaché culturel, puis conservateur adjoint au musée Cernuschi), Zao Wou-Ki perçoit rapidement la vitalité de la peinture américaine, qui se tourne vers une expression nouvelle abstraite. Parallèlement, l’artiste renoue avec la calligraphie chinoise, dont il s’était écarté un temps.

Cela donne des grandes toiles incarnant la nature – il n’aime pas le mot paysage, où le regard se perd et s’accroche, en fonction de la matière. “Chaque centimètre a sa propre texture”, analyse Pierre Daix (archive INA, que l’on peut regarder en milieu de parcours).

Le titre de l’exposition fait référence au poème qu’Henri Michaux a écrit sur l’oeuvre de Zao Wou-Ki. Les compositions se réfèrent également à la musique (cf. Hommage à Edgar Varèse, 1964). Deux dimensions qui confèrent à son travail une portée universelle. L’exposition veut replacer l’artiste aux côtés des grands noms de la peinture française, comme Monet et Matisse, à qui Zao Wou-Ki rend hommage.

Le parcours se termine sur ses encres, dont quatre panneaux destinés au Grand Théâtre National de Pékin sans jamais rejoindre ses murs, dévoilés pour la première fois au public.

Ses toiles aux tons ocres traversés de noir m’ont peu parlées, contrairement à Hommage à Claude Monet (1991) et Le Vent pousse la mer (2004), où l’on se perd dans l’immensité de la marine, tout en étant surpris par une sorte de petite barque à l’extrémité droite de la toile. Ses encres rappellent la calligraphie que tout jeune lettré se devait d’acquérir. Car l’éducation chinoise n’était pas à l’époque encyclopédique ; il s’agissait pour la jeunesse aisée de savoir penser et agir. Une combinaison parfaite permise par la peinture.

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Parallèment, le musée présente des oeuvres récemment acquises de Judith Reigl (émigrée hongroise, née en 1923), proche du surréalisme puis de l’abstraction. A découvrir dans les salles consacrées à la collection permanente du MAMVP.

 

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