De Paris à Memphis: un voyage romanesque musical et salvateur

couverture.jpgThat’s all right mama de Bertina Henrichs
Editions du Panama, 272 pages, 18€

Deuxième roman de Bertina Henrichs, auteur du best-seller La Joueuse d’échecs (2005), That’s all right mama virevolte au son du rock’n’ roll et du légendaire King. Sur fond d’intrigue à la fois mélancolique et fantaisiste, Bertina Henrichs nous emmène dans l’univers bariolé de Graceland et les rues décadentes du vieux Sud américain…


Parisienne d’adoption, Eva Jacobi, doit soudain retourner dans son Allemagne natale, lorsque le coeur de sa mère, Lena, lâche. Déboussolée, la jeune femme erre dans l’appartement familial, laissant les souvenirs enfouis remontés sauvagement à la surface.

Lors de la visite de condoléance de son oncle – le frère de son père, trop tôt décédé dans un accident de la route – Eva découvre les mensonges de son enfance. Et, comme sorti d’une pochette surprise, un billet d’avion au nom de Lena pour Memphis. Or, à sa connaisance, sa mère n’avait jamais guère été plus loin que sa boutique de lingerie.

Pour tenter de répondre à ses questions tout en donnant un nouveau départ au propre naufrage de sa vie sentimentale, Eva décide de faire le voyage rêvé par Lena, bien plus dévergondée que sa mémoire ne lui en avait laissé le souvenir…

Ecrivain allemand, Bertina Henrichs, vit depuis quinze ans en France et écrit en français. Une difficulté linguistique qu’elle surmonte à merveille mais qui la laisse constamment angoissée, comme elle le traduit à travers les paroles de sa protagoniste, Eva.

Pourtant, l’auteur a trouvé un style limpide, sans fioriture, mais percutant, qui nous entraîne avec émotion et suspense dans la vie à bascule d’Eva. En voici un extrait:
“Certains êtres, attentifs au moindre frémissement de leur âme, ont des prémonitions. Ils les appréhendent et les chérissent. Ce n’était pas le cas d’Eva. Jamais elle n’avait eu la moindre prémonition de toute sa vie.
Elle ne considérait pas cette absence de murmure mystérieux comme un tort, car, au fond elle ne croyait pas que l’on puisse capter le malheur ou le bonheur à l’avance, telle une parabole humaine hypersensible […]
Le jour où son père était mort dans un accident de la route, elle n’avait pas eu de pressentiment. Elle était tranquillement en train de jouer avec ses poupées quand le téléphone sonna et elle vit sa mère s’effronder. Quand elle avait rencontré Michel, pas de harpe céleste. Et quand ils rompirent, pas de torrent de pluie. Sa nomination à son poste de maître de conférence lui était parvenue un matin du mois de juillet dans une enveloppe de papier recyclable au moment où elle passait la serpilière dans le couloir.”

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Précis dans ses descriptions autant des moeurs parisiennes qu’américaines – B. Henrichs s’est rendue à Memphis -, That’s all right mama nous entraîne dans un univers coloré, surchauffé, fantaisiste, à l’image de la musique d’Elvis Presley. Un deuxième roman qui se prêterait autant à une interprétation cinématographique que La Joueuse d’échecs, dont le tournage du film a commencé au printemps 2008, avec dans les rôles principaux, Sandrine Bonnaire et Kevin Kline.

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