Living Rooms

Le Louvre invite Robert Wilson

Jusqu’au 17 février 2014

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Musée du Louvre, Aile Sully, salle de la Chapelle, salle de la Maquette, salon Denon, Paris I

 

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Figure emblématique de l’art contemporain américain, Robert Wilson investit trois espaces du musée du Louvre. Dans la salle de la Chapelle, il recrée le lieu ou il vit et partage avec des artistes en résidence sa collection, qu’il appelle archives (Living Rooms). Dans la salle de la Maquette et le salon Denon, il présente des Video Portraits réalisées avec Lady Gaga à partir d’oeuvres classiques du musée.

 

C’est à se demander comment Robert Wilson, communément surnommé Bob Wilson, arrive encore à respirer entouré d’autant d’objets!

Un grand lit blanc occupe le centre de la pièce, des bottes de cow-boy argentées – l’artiste est fier de rappelé qu’il est né au Texas (en 1941) – sont posées à côté. Derrière le bois de lit, une vitrine contenant une multitude de figurines. Face au lit, une cimaise comportant une chaise accrochée – une des nombreuses chaises que R. Wilson a dessiné, que ce soit pour ses mises en scène théâtrales ou en tant que véritables meubles.

Autour de ce plan central, les cimaises de la salle supportent pléthore d’objets collectionnés par l’artiste. Bouddha debout (Laos, XVIIIe siècle), vase de la céramiste Hedwig Bollhagen (Allemagne, XXe siècle), tevau ou monnaie de plume (Iles Santa Cruz, Iles Salomon), masque du peuple Cup’it (Ile Nunivak, Alaska), portrait du grand savant Albert Einstein en manches courtes et bretelles, peinture naïve de Clementine Hunter, paire d’escarpins de Marlène Dietrich, gant d’enfant trouvé sur la 7e avenue à New York, encadré, etc.

L’intérêt de cette pièce réside plus dans l’assemblage des objets et le regard que porte Robert Wilson sur eux que dans leur valeur même.

Concernant les Video Portraits de la salle de la Maquette, Robert Wilson part de Mademoiselle Caroline Rivière d’Ingres (exposé dans la Grande Galerie du Louvre) – peinture d’une jeune fille de treize ans, qui devait mourir l’année suivante, posant gracieuse, tel un cygne. Il capture Lady Gaga dans la même gestuelle, ajoutant un décor pastoral avec un cygne qui traverse le ciel, tandis que la pop star ouvre doucement ses paupières puis les referme.

Ce grand portrait est entouré de petits moniteurs vidéo représentant la tête de saint Jean-Baptise posée sur un plat, à laquelle l’artiste superpose le visage de Lady Gaga. Progressivement, les cils se lèvent, les yeux se dévoilent, la bouche s’entrouvre, les sourcils se haussent, les narines s’enflent… Le tout sur une musique de Michael Galasso (Américain vivant à Paris qui a remporté le César pour la musique du film Séraphine en 2009).

Dans un autre Video Portrait, la tête et le buste de Lady Gaga se superposent au corps de Marat assassiné par Charlotte Corday dans sa baignoire ; scène peinte par Jacques-Louis David, dont les grandes toiles sont exposées dans la salle précédent le salon Denon.

Les Video Portraits forment une synthèse de tous les éléments qui fondent la pratique artistique de Robert Wilson : lumière, costume, maquillage, chorégraphie, décor, texte, voix et récit. Ils brouillent les frontières entre l’apparente fixité de l’image photographique, la temporalité du cinéma, et les références empruntées à la peinture, la sculpture, l’architecture et le design. Une oeuvre qui “révolutionne le regard”, selon les mots de Louis Aragon.

 

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