Quatre designers de retour du Japon
Nina Fradet, Tony Jouanneau, Felipe Ribon, Marion Vidal
Jusqu’au 3 janvier 2027
Musée des Arts décoratifs (MAD), 107 rue de Rivoli, Paris 1er
Pour la première fois, le MAD participe à la Paris Design Week. Le musée ouvre ses portes pour faire découvrir les oeuvres de quatre designers partis en résidence au Japon (Villa Kujoyama). Leurs travaux sont exposés au sein des collections permanentes, dans un jeu de dialogue percutant.

Kana Anzai, Wounds, travail photographique avec la danseuse Meri Otoshi et la sculpture Pensée n°5, 2025. Crédit photo Kana Anzai
Dispersées entre le 3eme étage et le 9e étage, les oeuvres mêlent savamment science, art, architecture et design.

Nina Fradet (née en 1994), diplômée en ébénisterie (École Boulle) concilie son savoir-faire avec le tressage du bambou, selon la tradition japonaise du takezaiku. Pour cet événement, elle s’est inspirée des structures fibreuses du corps humain pour le rapprocher de celles du bois calciné. Il en résulte une série de dessins abstraits et des sculptures en bois tressé, dont les lanières courbées à la limite de la rupture sont reliées entre elles avec de petits morceaux de soie ou macramé.

Tony Jouanneau (né en 1984) a fondé l’Atelier Sumbiosis, un laboratoire qui s’appuient sur le principe de symbiose et les matières biologiques (micro-algues, végétaux, bactéries, organismes marins) pour créer des pigments, colorants et matériaux bio-fabriqués (à l’inverse de l’industrie de la mode, où il a commencé sa carrière). Pour le MAD, il crée des pièces ornementales colorées, dans les teintes rosées, qui ondulent pour former un tableau mural organique.

La designer Marion Vidal (née en 1974) a conçu une « cérémonie du bijou, micro-architecture de l’intime ». Une sorte de paravent sans mur, une structure aérienne qui délimite un espace personnel ouvert sur l’extérieur, composée de tiges de bambous, rehaussés de récipients en céramique pour accueillir des bijoux, et un miroir de la forme des masques du théâtre traditionnel. Cette installation lui a été inspirée par la cérémonie du thé, où l’usage de l’éventail indique à quel point la personne qui le tient sort de son état méditatif pour entrer de nouveau en contact avec les autres.

Felipe Ribon (né en 1981), designer et photographe, a imaginé un porte-encens en verre soufflé, entièrement conçu et fabriqué en France. Son idée originale est de mêler les effluves d’encens, au lieu de se contenter de sentir l’odeur unique d’un seul encens. Le résultat est époustouflant, comme on peut le voir sur une vidéo dans la salle médiévale. Dommage que l’on ne puisse pas sentir aussi !
Un superbe parcours qui offre l’opportunité de découvrir des artistes contemporains et des oeuvres anciennes ; toutes rivalisent de beauté !