L’oeuvre orientaliste de Delacroix

Eugène Delacroix. Le Kaïd, chef marocain, dit aussi Chef marocain visitant une tribu ou L'Offrande du lait, 1837. Huile sur toile. Nantes, musée des Beaux-Arts (c) RMN-Grand Palais . Photo : Gérard BlotEugène Delacroix – Objets dans la peinture, souvenir du Maroc

Jusqu’au 2 février 2015

Musée national Eugène-Delacroix, 6 rue de Fürstenberg, Paris VI

En lien avec la thématique marocaine (Musée du Louvre et Institut du Monde Arabe), le musée national Eugène-Delacroix propose un nouveau regard sur l’oeuvre orientaliste de Delacroix. Grâce à la mise en avant des objets que le jeune artiste, alors âgé de 31 ans, a rapportés du Maroc (1832).

Céramiques, armes, cuirs, instruments de musique et tissus sortent des réserves du musée. Ou, pour revenir dans le temps, de leur malle à souvenir, dans laquelle les conservait Delacroix, au sein de son atelier de la place de Fürstenberg.

Eugène Delacroix n’a fait que deux voyages dans sa vie : en 1825, il passe un été en Angleterre, et de janvier à mai 1832, il se rend au Maroc, en tant qu’artiste peintre parmi une délégation diplomatique française.

Eugène Delacroix. Femmes d'Alger dans leur intérieur, 1849. Huile sur toile (c) Musée Fabre de Montpellier Agglomération. Photo : Frédéric JaulmesC’est le choc des couleurs, il dessine tous les jours et le soir passe à l’aquarelle. Il rapporte sept carnets, une centaine de croquis et d’aquarelles pris sur le vif.

Au fil des ans, il revient sur ses souvenirs marocains, dont les formes sont de plus en plus floues mais dont les couleurs restent. Grâce, notamment, aux céramiques qu’il a rapportées, non représentées dans son oeuvre, mais qui l’aident, selon Dominique de Font-Réaulx, commissaire de l’exposition (directrice du musée national Eugène-Delacroix), à constituer sa palette et à se souvenir des motifs géométriques. Au final, Delacroix réalise, de près ou de loin, une soixantaine d’oeuvres en rapport avec le Maroc.

« Je croyais rêver. J’avais tant de fois désiré voir l’Orient que je les regardais de tous mes yeux et croyant à peine ce que je voyais. »

Jules-Robert Auguste. Soldat grec, debout, de dos, tenant un fusil, vers 1825/30. Pastel (c) Musée du Louvre. Photo : Harry BréjatSi le jeune homme est ébloui, c’est que sa vision du Maroc s’insère dans celle, idéalisée, qu’il se fait de l’Orient. Une vision nourrie de littérature : Les Mille et Une Nuits, Voyage Pittoresque et historique de l’Espagne d’Alexandre de Laborde, Voyage à Athènes et Constantinople, de Louis Dupré (élève de David). Et nantie de l’artiste Jules-Robert Auguste, qui effectue un pèlerinage jusqu’en Palestine, et pour qui Delacroix entretient une réelle fascination.

L’artiste écrit également tous les jours, se plaint de la lenteur de la correspondance entre le Maroc et la France. Dans cette urgence de ne pas oublier, d’entretenir – dès qu’il est sur place – ce processus mémoriel.

Les dessins de Delacroix n’ayant jamais été exposés de son vivant – ils ont été retrouvés dans son atelier du 6e après sa mort en 1863 – c’est une belle occasion de les découvrir. En même temps que ces objets-souvenirs, qui n’ont pas tant de valeur en soi, mais qui éclairent particulièrement bien le processus créatif de Delacroix au regard de son oeuvre orientalisante.

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