Monumenta 2016

Huang Yong Ping, Empires - Monumenta 2016. Simulation 3D du projet par l'Atelier Alain Deswarte (c) Adagp Huang Yong Ping. Courtesy de l'artiste et Kamel Mennour, ParisHuang Yong Ping – Empires

Jusqu’au 18 juin 2016

Nef du Grand Palais, Paris 8e

Evénement biennal attendu, Monumenta 2016 (7e édition) est confié à l’artiste franco-chinois Huang Yong Ping (né en 1954 en Chine, installé aujourd’hui à Ivry-sur-Seine) sous la direction de Jean de Loisy (Président du Palais de Tokyo). Réception mitigée pour ma part !

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Fondateur de l’art contemporain en Chine avec le mouvement Xiamen Dada (“Le zen est Dada, Dada est zen), Huang Yong Ping s’est fait connaître sur la scène internationale avec Les Magiciens de la Terre, présentée au moment des manifestations de la Place Tian’anmen (1989).

L’artiste aime réaliser des actions radicales s’appuyant sur la contestation par l’absurde. Il mêle références d’Orient et d’Occident et met en scène des animaux de manière démesurée.

Sous les 13.500 m2 de la Nef du Grand Palais, Huang Yong Ping a reconstitué le squelette d’un serpent de métal (254 mètres de long), supporté sur 305 conteneurs  – ceux que l’on voit dans les ports commerciaux de Chine d’où est exportée une grande partie de la production mondiale -, et au milieu desquels surgit la réplique agrandie du bicorne de Napoléon, porté lors de la bataille d’Eylau (1807). Ce dernier est installé sur deux piles de conteneurs qui forment un arc de triomphe au-dessus de l’allée centrale à 7,5 mètres de hauteur.

L’installation évoque ainsi la mondialisation dans un symbole français de l’industrialisation du 19e siècle. Pascal Lamy (DG de l’OMC de 2005 à 2013, délégué interministériel pour la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025) avance même qu’Empires pose la question de savoir si la politique (le chapeau) l’emportera sur la géopolotique/le calcul (les conteneurs). Selon lui, “la réponse est dans le serpent !”.

Portrait de Jean de Loisy et Huang Yong Ping, 2016 (c) Huang Yong Ping. Photo Fabrice Seixas. Courtesy de l'artiste et Kamel Mennour, Paris

Le Serpent symbolise à la fois la mutation, la transformation permanente des empires. “C’est aussi une médecine en Chine. Il faut parfois ‘soigner’ la mondialisation. Enfin, c’est le Serpent du Bien et du Mal. Il y a les deux chez Huang Yong Ping. Mais il ne porte aucun jugement moral [sur la mondialisation]. C’est au visiteur d’en conclure ce qu’il vaut, termine par un pied de nez Jean de Loisy, commissaire de l’exposition !

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Huang Yong Ping, Empires, Monumenta 2016. Vue d'atelier de production, Lyon (c) Photo Luc Riolon / Adagp Huang Yong Ping. Courtesy de l'artiste et Kamel Mennour, Paris

Les chiffres sont impressionnants : le projet a nécessité 5 fonderies en France, 2 usines en Chine, 3 bureaux d’étude, 1 bureau de contrôle. 12 jours/13 nuits (24h sur 24h!), 298h d’heures d’installation, 60 techniciens d’Art Project (coordinateur français du projet). Le projet est évidemment d’envergure. Mais quel intérêt de verser dans une telle démesure ? L’effet ressenti est froid – les conteneurs coupent la luminosité déversée par la Nef, quant au squelette… – et fait plutôt penser à de l’art spectacle qu’à une installation transcendante !

 

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