Révélation d’un temps sans fin

Monument 114 de Toniná, représentant le seigneur de Palenque, K'inich K'an Joy Chitam, captif. Classique récent (600-900 apr. J.-C.) © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique. Photo  Ignacio GuevaraMayas

Jusqu’au 8 février 2015

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Musée du quai Branly, Galerie Jardin, Paris VII

Publicité

Catalogue de l’exposition: 

L’exposition sur les Mayas au musée du quai Branly impressionne non seulement par les oeuvres présentées mais aussi par le lien qu’elle entretient avec l’actualité. Car la culture maya, inhérente à l’identité mexicaine, est encore bien vivante dans le sud-est du Mexique.

Figure féminine aristocratique. Classique récent © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio GuevaraLes traditions, la langue – une trentaine de langues aujourd’hui relèvent de la famille linguistique maya -, la pensée, l’art (statuaire, figurines, objets en jade et céramique), les danses jusqu’à la gastronomie mayas continuent d’exister.

Ces objets “racontent la profondeur d’une culture universelle qui sut transformer son environnement et en même temps regarder vers le ciel pour mieux comprendre l’homme”, commente Rafael Tovar y de Teresa (Président du Consejo Nacional para la Cultura y les Artes).

De fait, un des points forts de l’exposition est la présentation du système calendaire maya. Il est fondé sur les inventions des derniers Olmèques, qui avaient conçu vers l’an 100 avant notre ère, le “compte long”, qui permet de fixer les dates de manière précise, et la “roue calendaire” (18.980 jours), résultant de la combinaison des cycles des années rituelles (260 jours) et solaires (360 jours). La commissaire de l’exposition Mercedes de la Garza précise au passage “contrairement à ce que l’on a pu entendre, les Mayas n’ont jamais prédit la fin du monde en 2012 ! C’est une idée qui s’est répandue Outre-Atlantique et comme tout ce qui vient de là-bas, ils ont bien su la vendre, mais elle est erronée !”

Les Olmèques sont par ailleurs les premiers à utiliser le système vigésimal (numérotation en base 20) et à introduire le zéro, indispensable à toute numération positionnelle.

Cette notion du temps, lié au mouvement même de l’espace et à la loi des cycles, est complétée par un système d’écriture complexe. Celle-ci est associée à une iconographie précieuse qui détaille leurs croyances religieuses, leurs rites (offrandes, sacrifices, danses, jeu de balle), leur vie en communauté et leur histoire. Comme s’ils avaient conscience de l’excellence de leur civilisation et qu’il fallait l’immortaliser !

Publicité

Masque funéraire de Calakmul avec ornements d'oreilles. Classique récent  © Museo Regional de Campeche, fort de San Miguel, ville de Campeche, Campeche, Mexique Photographe: Ignacio GuevaraLe parcours se termine sur les rites funéraires avec d’incroyables masques en mosaïques de jade qui recouvraient le visage des défunts pour retenir leur esprit, face à la déréliction de la chair.

Atlante de Chichén Itzá avec un plastron dentelé. Postclassique ancien (900-1250 ap. J.-C.) © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio GuevaraAu final, ce sont quatre cent chefs d’oeuvre qui sont présentés, en provenance de quarante musées et grands sites mayas du Mexique (cités de Calakmul, Palenque, Uxmal, Chichén Itza, inscrites sur la liste du Patrimoine de Mondial de l’UNESCO), selon une scénographie de Jean-Michel Willmotte.

J’ai apprécié que chaque pièce comporte un cartel explicatif savant (des informations qui apportent une réelle connaissance, sans blabla superflu) avec une petite carte de sa provenance (utile quand on ne maîtrise pas la géographie mexicaine). A noter toutefois qu’il s’agit ici d’oeuvres reflétant l’organisation de la vie des élites, et en rien la vie du peuple maya.

Taggé .Mettre en favori le Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *