Les découvertes archéologiques guatémaltèques des 25 dernières années

Maya – De l’aube au crépuscule – Collections nationales du Guatemala

Jusqu’au 02 octobre 2011

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Musée du quai Branly, Mezzanine Est, 75007

Si les découvertes archéologiques ont progressé depuis le XIXe siècle, surtout sur l’initiative des équipes nord-américaines, dans une moindre mesure, françaises, et plus récemment sud-amércaines, la civilisation maya reste une énigme. Plus exactement, sa chute. Comment un empire aussi puissant, considéré comme l’un des fleurons du monde précolombien, s’est-il éteint et que reste-t-il de son héritage aujourd’hui? C’est l’objet de l’exposition “Maya – De l’aube au crépuscule”, qui présente pour la première fois en France les collections nationales du Guatemala.

Tout le monde connaît les images des temples gigantesques édifiés au milieu de la forêt tropicale. Mais quand en est-il des trésors que leurs sous-bassements renferment? Céramiques peintes offertes en offrandes, statuaire de facture si classique que les Conquistadores pensaient que les Grecs et les Romains étaient passés par là, sompteux bijoux de jade  – l’ensemble des oeuvres présentées rend compte du raffinement d’une civilisation qui détenait un savoir surprenant en termes astronomique, cosmologique, mathématiques et artistique.

L’exposition présente de manière chronologique et géographique l’évolution de la civilisation maya qui a occupé les actuels territoires du Belize, du Honduras, du Salvador, de la partie sud du Mexique et de ce que Juan Carlos Melendez Mollinedo, commissaire de l’exposition et directeur du Museo Nacional de Arqueologia y Etnologia de Guatemala, nomme “le coeur du maya”, à savoir le Guatemala.

Durant la période Préclassique (2000 av. J.-C. – 250 ap. J.-C.), les Maya semblent avoir occupé le littoral Pacifique et les Hautes Terres du Guatemala. A l’ère classique, ils se sont dirigés vers les Basses Terres du sud (250 ap. J.-C. – 1000 apr. J.-C.) avant d’atteindre celles du nord (ère postclassique, 1000 ap. J.-C. -1524 apr. J.-C., date de l’arrivée des Espagnols).

Toutefois, les découvertes récentes montrent deux choses. La région des Basses Terres était dynamique dès l’ère préclassique comme l’atteste l’importante concentration d’architecture maya, en particulier dans le Bassin du Mirador, où les recherches archéologiques sont dirigées par l’Américain Richard Hansen.

Lequel démontre dans un excellent documentaire que la civilisation maya ne s’est pas éteinte du jour au lendemain mais sur trois siècles. Des rituels d’abandon des sites prouvent que le départ de la population ne s’est pas fait dans l’urgence. De fait, R. Hansen avance que c’est la déforestation, liée à la fabrication du stuc recouvrant des monuments de plus en plus hauts et épais, qui a entraîné un cercle vicieux: absence de précipitations, déclin de l’agriculture et donc de la royauté (le roi est garant de la bienveillance des dieux pour alimenter les terres de son peuple), tensions entre rois et nobles toujours plus nombreux du fait de la polygmaie pratiquée par l’élite. Sur ce, les Européens (ambassadeurs, conseillers militaires, marchands et artistes) accroissent leur influence au fur et à mesure que les structures poliques locales déclinent.

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Néanmoins, aujourd’hui les descendants maya apprennent à valoriser leurs traditions, à se réapproprier leur histoire. Dans les écoles, ils font l’apprentissage du complexe système d’écriture fondée sur les glyphes. Ils se parent de vêtements tissés, chaudement colorés, et perpétuent les courses à chevaux et autres rituels maya. Comme l’attestent les photographies de Ricky Lopez qui concluent l’exposition.

Le calendrier maya prédit la fin d’un cycle pour le 21 décembre 2012. Ce qui fait dire à Jesus Salazar Tetzagüic: “Il nous reste moins d’un an et demi [pour] trouver la paix et la concorde entre les individus et les peuples, atteindre la paix et l’harmonie avec Mère Nature, qui nous fait de grands signes. Pour cesser d’exploiter sans vergogne les ressources naturelles dans le seul but de s’enrichir d’avantage et non de satisfaire des besoins fondamentaux. ” Cela fait court pour espérer que l’homme gagne en sagesse…

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