Martin Schongauer

Le bel immortel

Jusqu’au 20 juillet 2026

Musée du Louvre, Paris 1er

Le musée du Louvre présente l’oeuvre méconnue de l’artiste Martin Schongauer (1445-1491), pourtant très populaire à la fin du Moyen-Âge dans toute l’Europe pour ses gravures et ses peintures de retable.

Martin Schongauer, Une Vierge folle en buste, vers 1470-1475. Gravure au burin. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, collection Edmond de Rothschild © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

Peu de choses sont connues de la vie de Martin Schongauer (Colmar, vers 1445 – Vieux-Brisach, 1491), hormis le fait qu’il était surnommé le « beau Martin » par Albrecht Dürer.

Martin Schongauer, L’Encensoir, vers 1470-1475 Gravure au burin, angles
supérieurs abattus. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, collection Edmond de Rothschild © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Philippe Fuzeau

Né dans une famille d’orfèvres, il maîtrise le travail du burin sur cuivre, comme on peut le voir dans sa représentation de L’Encensoir (vers 1470/75), dépassant la technicité du graveur anonyme allemand baptisé « Maître ES » (v.1420-v.1468), par sa précision et son sens de la profondeur.

Martin Schongauer, Retable d’Orlier. Faces externes des volets : L’Annonciation. Faces internes des volets : Saint Antoine et Nativité, vers 1470-1475. Huile sur bois de tilleul. Colmar, Musée Unterlinden © Musée Unterlinden / Christian Kempf

Si Schongauer semble avoir produit avec son atelier de nombreuses peintures, il ne reste aujourd’hui que trois grands retables et quatre petits panneaux de dévotion privée, réunis pour la première fois dans l’exposition (sauf La Sainte Famille de Vienne qui n’a pu être déplacée).

Martin Schongauer, La Vierge au buisson des roses, 1473. Huile et tempera sur bois de résineux. Colmar, église des Dominicains © Région Grand Est – Inventaire général / Bastien Garnier, avec l’aimable autorisation du Conseil de Fabrique de la Collégiale Saint-Martin à Colmar

Le talent de l’artiste réside dans sa capacité à reproduire avec un grand naturalisme les objets du quotidien autant que les plantes et les animaux. Et à transcrire, comme dans La Vierge au buisson des roses (1473), la tendresse entre Marie, au regard nostalgique comme si elle connaissait l’avenir de son fils, et Jésus, qui entrelace ses doigts dans la chevelure bouclée de sa mère.

Martin Schongauer, Rinceau à la chouette chevêche, vers 1470-1475. Gravure au burin. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, collection Edmond de Rothschild © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

Ses estampes, également nombreuses, sont largement diffusées à travers l’Europe, grâce aux réseaux commerciaux, à la circulation des pèlerins et des artistes, et l’installation de bureaux d’imprimerie au-delà du Saint Empire romain germanique. Son « style séduisant », comme le remarque Hélène Grollemund, (chargée de collection au département des Arts graphiques, musée du Louvre), co-commissaire de l’exposition, s’exprime particulièrement dans ses estampes, qui influencent les artistes de l’Espagne à l’Italie en passant par la Bohème et la Petite Pologne jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Un art d’une précision remarquable et des compositions attachantes (en dépit de certains sujets bibliques comme la mort de Marie ou le Portement de Croix) font de cette exposition une petite perle rare !

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