Trio gagnant à la MEP

Martin Parr – Paris
Fouad Elkoury – Le plus beau jour
Bruno Mouron & Pascal Rostain – Famous

Jusqu’au 25 mai 2014

Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy, Paris IV

 

Trois expositions ont retenu mon attention à la Maison Européenne de la Photographie (MEP). L’inévitable Martin Parr qui s’amuse à capturer Paris sous l’angle touristique ; les célébrités selon Bruno Mouron & Pascal Rostain avec des images particulièrement vivantes ; et la projection vidéo du libanais Fouad Elkoury, plus sombre, profonde et poétique.

Si vous n’aviez pas déjà remarqué en vous promenant dans Paris tous ces gens qui ne voient que par le viseur de leur appareil photo et ne prennent plus le temps de regarder avec leurs yeux – Martin Parr est là pour le mettre en scène. Révélant le grotesque de la gente humaine mais pas de manière méchante, de façon amusée plutôt. D’ailleurs le photographe ne parle qu’en rigolant.

 

Le kitsch des porte-clés en forme de Tour Eiffel, l’absurdité des photos prises dans les musées – quel intérêt d’avoir la Joconde en micro pixels sur son téléphone portable ?! -, les corps qui s’écrasent sur le sable de Paris Plage, la vision peu ragoûtante des visiteurs du salon de l’Agriculture en train de déglutir une choucroute, les paires de fesse en l’air lors des jours de prière à la Goutte d’Or, tout y passe!

 

Au moins, avec les “Famous” de Bruno Mouron & Pascal Rostain, on se dit que puisque nous ne faisons pas partie de la même classe, on peut se moquer sans se dire qu’on leur ressemble! D’Alain Delon à Pratt Pitt, de Carla Bruni à Kate Moss, jusqu’aux “Autopsies” des poubelles des Christo, les images révèlent l’intimité des stars. Or, loin de leurs poses médiatiques convenues, ces photos nous renvoient l’image d’hommes et de femmes pris sur le fait. Humaines, finalement.

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La projection vidéo de Fouad Elkoury, qui expose à la MEP pour la seconde fois, se décompose en trois rideaux flottants sur lesquelles se déroulent des histoires différentes mais qui se font écho par associations d’images. Elles illustrent le poème d’Etel Adnan To be in a time of war (Vivre en temps de guerre). Souvenirs d’un pays en guerre tout autant que d’une vie familiale insouciante. La musique et les textes associées font de cette projection une pièce en trois actes, poignante.

 

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