La peinture, même

 01. MARCEL DUCHAMP L.H.O.O.Q 1919, readymade rectifié Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014Marcel Duchamp

Jusqu’au 5 janvier 2015

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Centre Pompidou, Niveau 6, Galerie 2, Paris IV

Marcel Duchamp (1887-1968) est associé à deux images : Mona Lisa avec une moustache (L.H.O.O.Q. [readymade corrigé], 1919) et l’urinoir (Fontaine, readymade assisté par Marcel Duchamp, 1917). Oeuvres qui lui ont valu la critique d’avoir tué la peinture. Le Centre Pompidou entend prouver le contraire !

L’exposition présente un ensemble d’oeuvres peintes, accompagnées de toutes les sources d’inspiration de l’artiste : la littérature – poète, il aime lire les Symbolistes Mallarmé et Laforgue -, les sciences optiques, physiques et mécaniques. Une influence qui se voit dans ses multiples Nus et Mariées transformés en machines (Nu descendant l’escalier, 1911/12).

La quête picturale de l’artiste s’étend de sa période fauve à son oeuvre majeure Le Grand Verre, La mariée mise à nu par ses célibataires, même, présentée comme point d’orgue de l’exposition, en fin de parcours.

MARCEL DUCHAMP Le Grand Verre (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même.) 1915 – 1923 / 1991 – 1992, 2ème version Huile sur feuille de plomb, fil de plomb, poussière et vernis sur plaques de verre brisées, plaques de verre, feuille d'aluminium, bois, acier Moderna Museet, Stockholm © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014Pour Cécile Debray, commissaire de l’exposition, son Grand Verre « oeuvre hermétique à la genèse longue, de 1912 à 1923, complexe – comme le montre sa paraphrase en notules – et laissé inachevé en 1923, occupe dans ce débat un statut ambigu. On peut y lire tout à la fois la négation et la sublimation de la peinture à travers un tableau impossible. »

Si Duchamp a un temps abandonné la peinture, c’est qu’il se méfie du consensus sur l’évaluation esthétique des oeuvres. Il parle de mirage. « Pourtant j’attirais l’attention des gens sur le fait que l’art est un mirage » (1964). D’où son besoin de créer une oeuvre anticlimax. « Ma fontaine-pissotière partait de l’idée de jouer sur la question du goût : choisir l’objet qui ait le moins de chance d’être aimé. Une pissotière, il y a très peu de gens qui trouvent cela merveilleux. Car le danger, c’est la délectation artistique. Mais on peut faire avaler n’importe quoi aux gens ; c’est ce qui est arrivé. »

A partir de ce moment-là, Duchamp s’adonne aux readymade, dont seul le Porte-Bouteilles est exposé (la Fontaine n’est présentée qu’à travers une photographie).

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Mais, en réalité, l’artiste n’arrête pas complètement de peindre. En 1968 est découverte Etant donnés 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage, préparée dans le secret pendant vingt ans (1946-1966) ! Et prouve la cohérence de son parcours artistique. Pour la commissaire de l’exposition, loin de tuer la peinture, Duchamp la réinvente.

La plupart des oeuvres peintes de Duchamp sont conservées au Philadelphia Museum of Arts.  Elles m’ont permis de découvrir un tout autre visage de l’artiste qualifié, semble-t-il à tort, d’iconoclaste.

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