L’art du sacré (II)

Annonciation, Vierge en Majesté tenant l'Enfant, Baptême du Christ. Retable. Ile-de-France, milieu du XIIe siècle. Pierre calcaire polychromée. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures (c) 2008 musée du Louvre / Pierre PhilibertLes premiers retables XIIe – début du XVe siècle

Jusqu’au 6 juillet 2009

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Musée du Louvre, aile Richelieu, entresol, 75001, 9€

Situés au-dessus de l’autel, à portée de main, les retables ont souvent fait l’objet de vandalisme et de vol depuis le Moyen-Age. En dépit des vicissitudes du temps et des changements ecclésiastiques, un grand nombre d’oeuvres françaises ont pu être préservées, représentatives de cet art embryonnaire des XIIe et XIIIe siècles. La conservation au Louvre de trois retables de la basilique de Saint-Denis a été le point de départ d’une petite mais riche exposition sur ces chefs-d’oeuvre médiévaux. Illustration en images.

Si les retables de la fin du Moyen-Age se caractérisent par deux ou trois volets qui l’ont fait associer aux dyptiques ou tryptiques picturaux, les premiers retables sont généralement le fruit du travail des sculpteurs. Ils sont donc en pierre, marbre, albâtre ou bois.

Autel. Sud-Ouest de la France (Comminges), seconde moitié du XIIe siècle. Marbre de deux types différents. Paris, musée de Cluny (c) RMN / Jean-Gilles BerizziLe rôle premier du retable aurait été de recevoir des images, sources d’enseignement liturgiques. Contrairement à l’autel qui ne peut supporter que de simples ornements.

On distingue deux types de retables. Les “retables-tabernacles”, dotés de structures complexes, entourant une ou des images posées sur l’autel. Et des retables plus simples, de forme rectangulaire allongée.

Scènes du martyre de saint Hippolyte. Retable. Ile-de-France, deuxième quart du XIIIe siècle. Pierre, traces de polychromie. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures (c) 2008 musée du Louvre / Pierre PhilibertAu cours du XIIIe siècle, le retable se répand de manière conséquente et envahit les églises chrétiennes les plus importantes, généralement sous forme sculptée. En attestent les tympans des cathédrales qui L'Annonciation et la Visitation encadrant autrefois la Vierge en Majesté tenant l'Enfant (volée en 1976). Retable. Cerdagne, première moitié du XIIIe siècle. Bois polychromé et peinture sur panneau. Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes, église Saint-André, actuellement conservé à l'Ile-sur-Têt, Centre d'art sacré (c) Conseil général 66 / CCRP / Michel Castilloprésentent des oeuvres unifiées, contrairement aux oeuvres du XIIe siècle, marquées par une esthétique souvent fragmentée. Parallèlement, les premiers retables à volets apparaissent.

Citadins devant la porte d'une ville. Elément de retable. Ile-de-France, premier quart du XIVe siècle. Marbre. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures (c) 2008 musée du Louvre / Pierre PhilibertAu XIVe siècle, le genre prend son essor et les styles se diversifient d’autant. Si les ateliers parisiens produisent des oeuvres sophistiquées pour des commandes princières, d’autres créent des retables où les scènes narratives complexes font place à de simples personnages sous arcades. Ce siècle est caractérisé par les retables à la Six apôtres. Elément de retable. Bourgogne (ou sculpteur bourguignon actif en Lorraine?), deuxième quart du XIVe siècle. New York, Metropolitan Museum (c) The Metropolitan Museum of Arts, New Yorkthématique des douze apôtres. “Une manière pour l’Eglise chrétienne de rassurer ses fidèles, suite au schisme d’Orient entamé au XIe siècle [1054]”, analyse Pierre-Yves Le Pogam, commissaire de l’exposition (conservateur au département des Sculptures du musée du Louvre).

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Scènes de la vie du Christ et de la Vierge et de l'histoire de Pyrame et Thisbé. Elément de retable. Atelier des Embriachi, Venise, fin du XIVe-début du XVe siècle. Bois, os, corne. Paris, musée de Cluny (c) RMN / Franck RauxAutour de 1400, la production des retables s’éparpille géographiquement (Angleterre, Pays-Bas, Italie). Certains sont importés en France pour l’usage privé de commanditaires (devotio moderna). Ils sont marqués par l’esthétique dominante du gothique international.

L’exposition se clôt sur un retable-peinture sur bois d’Henri Bellechose, La Crucifixion trinitaire (Trône de Grâce) entre la dernière communion et le martyre de saint Denis (vers 1415/16), criblé de symboles liturgiques. Cette oeuvre magnifique annonce l’avènement du rôle de la peinture dans l’histoire de l’art.

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