3 en 1: les plus grandes collections publiques de Kandinsky exposées à Beaubourg

Vassily Kandinsky, La Vie Mélangée (Das Bunte Leben), 1907. Tempera sur toile. Dépôt de la Bayerische Landesbank à la Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich (c) Adagp, Paris 2009Kandinsky

Jusqu’au 10 août 2009

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Centre Pompidou, galerie 1, niveau 6, 75004, 10 à 12€

Sobrement intitulée “Kandinsky” (1866-1944), l’exposition qui s’ouvre au Centre Pompidou, ne dévoile pourtant pas le personnage. L’exposition s’attarde uniquement sur son accomplissement, ses toiles abouties (exceptées deux esquisses), entre 1907 et 1942. En rassemblant les oeuvres des trois plus importantes collections publiques de ses oeuvres – le Centre Pompidou, la Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich, le S. R. Guggenheim Museum de New York -, l’art de Kandinsky se révèle à grande échelle. Et dresse le tableau des scènes avant-gardistes du début du XXe siècle, en Allemagne (Munich, Weimar, Dessau, Berlin), en France (Paris) et en Russie (Moscou).

Sur la centaine d’oeuvres exposées, 25 proviennent du Guggenheim, 19 du Centre Pompidou et 19 de la Städtische Galerie im Lenbachhaus. Selon le commissaire français de l’exposition, Christian Derouet, le Centre Pompidou a beau posséder 945 pièces de Kandinsky, grâce notamment au legs de sa veuve Nina (1984), “les chefs-d’oeuvres se trouvent au Guggenheim!”

L’exposition est découpée en cinq sections chronologiques qui présentent les différentes scènes artistiques où s’est produit Kandinsky. Elle est accompagnée de trois petites salles en aparté (spécifiques à l’exposition parisienne). L’une dévoile quelques exemples des nombreux livres rédigés par l’artiste, en particulier entre 1912 et 1914. Ils ont permis à Kandinsky de se faire connaître aux Etats-Unis, avant même que ses oeuvres. Une seconde salle expose ses dessins et aquarelles de petit format, alors que le corps principal de l’exposition est dédié aux grands formats (environ deux mètres sur trois). La dernière pièce présente des documents sur le Bauhaus, où Vassily enseigne entre 1922-23, tels que sa théorie sur l’opposition des couleurs primaires – cercle jaune citron, triangle rouge et cercle bleu – que l’on retrouve sur les photographies des différentes villes où il a vécu. Villes qui détermineront la langue dans laquelle il titre ses oeuvres.
Né à Moscou, Vassily Kandinsky étudie le droit à l’Université de Moscou avant de partir pour Munich où il apprend la peinture (1897). Il épouse sa cousine Ania Chémiakina dont il divorce rapidement (1892-1911). Puis, il rencontre Gabriele Münter qui fera partie du groupe allemand d’inspiration expressionniste Der Blau Reiter (Le Cavalier Bleu), fondé par Franz Marc et Kandinsky. Il s’installe à Paris pour un an.

La Vie mélangée (1907) ouvre le spectacle. Cette oeuvre, peinte à Sèvres, est exposée à Angers au Musée du peuple avant d’intégrer le centre du panneau auquel Kandinsky a droit au Salon d’Automne (Grand Palais des Champs-Elysées). Plus tard, la toile sera vendue au Guggenheim par les Nazis qui la qualifient “d’art dégénéré”.
En 1911, l’artiste peint Peinture avec un cercle, oeuvre qu’il considère comme son premier tableau abstrait.

En tant que sujet du tsar, Kandinsky doit rentrer en Russie lors de la Première Guerre mondiale. Il épouse Nina von Andreevsky à Moscou (1917) sur fond de Révolution d’Octobre.

Date charnière, 1921, marque son retour à Berlin, envoyé en mission officielle pour rétablir les liens artistiques avec l’Allemagne. L’exposition se scinde en deux. Car, pour Christian Derouet, Kandinsky sait au fond de lui qu’il ne reviendra plus à Moscou.

L’artiste enseigne au Bauhaus, d’abord à Weimar puis transféré à Dessau (1925), suite aux attaques du parti national-socialiste.

Publicité

Bien que Kandinsky obtienne la nationalité allemande (1928) puis la naturalisation française (1939), il reste russe avant tout. Cela se traduit dans le choix de formats imposants (largement espacés entre-eux dans l’exposition pour prendre la mesure de chacun), ses couleurs chatoyantes qui reflètent le folklore de son pays natal et sa passion pour la musique. Il écrit dans Du spirituel dans l’art (1911) que “la couleur est le clavier, les yeux sont les marteaux et l’âme est le piano avec les cordes”.

Vassily Kandinsky, Groupement, 1937. Huile sur toile. Moderna Museet, Stockholm (c) Adagp, Paris 2009“Kandinsky, père de l’art abstrait est une construction posthume des années 1950”, commente C. Derouet. Si l’artiste mène bien une rélexion sur la nécessité de faire de la peinture qui ne soit pas représentative, ses formes biomorphiques de fin de carrière (Groupement, 1937) attestent d’une pratique picturale au croisement de l’art abstrait et figuratif.

Une relecture indispensable de l’un des plus grands artistes du XXe siècle.

Taggé .Mettre en favori le Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *