Utrillo, précurseur du Pop Art, selon Hervé di Rosa

Hervé di Rosa. Restaurant de la Mère Catherine, 2009. Acrylique sur toile (c) Atelier Hervé di Rosa / Adagp, Paris 2009Carte Blanche à Hervé di Rosa – Hommage à Maurice Utrillo

Jusqu’au 15 septembre 2009

Pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine 75008, Entrée libre

Pour accompagner la magnifique exposition Suzanne Valadon / Maurice Utrillo, la Pinacothèque de Paris offre en contrepoint un ancrage contemporain, “Carte Blanche à “, en invitant cet été Hervé di Rosa. Membre de la Figuration Libre (années 1980), l’artiste crée dix toiles aux couleurs primitives et aux formes simplifiées. A l’instar de celles de Maurice Utrillo, qu’il considère comme un précurseur du Pop Art.

Si l’idée surprend au premier abord, les arguments d’Hervé di Rosa (H.d.R.) ne manquent pas de convaincre. Maurice Utrillo a la particularité de peindre les paysages montmartrois à partir de cartes postales alors qu’ils sont à portée de ses yeux! Ce qui représente pour H. di Rosa un signe évident d’avance sur son temps. D’autre part, Utrillo simplifie dramatiquement les formes urbaines, incitant de multiples peintres, rassemblés sur la place du Tertre, à copier son style. Cette production picturale exploitée commercialement annonce la démarche inhérente au Pop Art.

Hervi di Rosa veut ainsi rendre hommage à Maurice Utrillo, grand artiste délaissé de la postérité et décrié, selon lui injustement, par les critiques. Pour l’occasion, H.d.R. s’inspire de dix toiles du maître pour créer des oeuvres de “figures libres”.

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Hervé di Rosa. Le Lapin Agile, 2009. Acrylique sur toile (c) Atelier Hervé di Rosa / Adagp, Paris 2009Habitant dans le même quartier que Maurice, Hervé reprend à la sauce moderne la technique d’Utrillo en travaillant d’après des photographies numériques. Il utilise les mêmes angles de vue, travaille sur les mêmes formats, et simplifie encore plus les éléments urbains. Tout en leur ajoutant une note colorée, graphique, contemporaine.
Malheureusement, dans l’espace d’exposition du RDC, les cartels qui représentent les peintures originelles d’Utrillo sont minuscules et la comparaison avec celles d’Hervé di Rosa, est visuellement difficile. L’intérêt tombe donc un peu à l’eau, pour qui a vu l’exposition principale il y a des lustres (6 mois)! Pourtant, l’artiste a imaginé une version contemporaine des oeuvres d’Utrillo remarquable. Ses toiles sont peintes sur des supports à trois dimensions, telles les boîtes lumineuses de Jeff Wall. En revanche, ceux qui sortent tout juste de l’exposition principale et qui ont encore en tête les toiles grandeur nature d’Utrillo ne tiendront pas rigueur à ce désagrément de mise en forme scénographique – et de mémoire fautive, je vous l’accorde!

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