La beauté pour “supporter le malheur et croire à un monde meilleur”…

Exposition Le costume populaire russe. Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, Paris, 2009Le costume populaire russe

Jusqu’au 30 août 2009

Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, 5, avenue de Marceau 75116, 5€

… dixit Pierre Bergé pour synthétiser l’esprit de l’exposition sur le costume populaire russe à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent. Incroyable en effet d’imaginer le contraste entre la vie de labeur des paysans asservis et la joie des fêtes suggérées par le miroitement des couleurs de leurs costumes traditionnels.

Chemise de femme (c) DRChemise, pantalon, accessoire (tel le gaïtane), coiffe et chaussures forment la base du costume typique russe, qui influencera celui des Ukrainiens et des Biélorusses.

Ces élements de base apparaissent durant le Haut Moyen-Age lorsque les Slaves de l’Est s’unissent aux Russes kiéviens.

Sarafane. Nord de la Russie (c) DRLa centralisation politique (fin du XIVe – milieu du XVIe siècle) favorise la généralisation du costume traditionnel  tel le sarafane porté aussi bien par les paysannes que les bourgeoises et les aristocrates féodales du nord de la Russie. Il se compose d’un corsage à manches bouffantes sur lequel est remontée une jupe, d’une ceinture et éventuellement d’un tablier. Sur la tête repose une coiffe, assorti d’un foulard.

Poniova. Sud de la Russie (c) DRAu sud de Moscou, les paysannes – et seulement elles – portent jusqu’au XVIIe siècle un vêtement plus archaïque, appelé poniova (jupe). La jupe est assortie d’une chemise, d’un tablier et/ou d’une blouse. Une, deux ou plusieurs ceintures, une coiffe et des chaussures d’écorce de bouleau ou de peau accessoirisent l’ensemble.

Les hommes portent la chemise kosovorotka, tunique descendant jusqu’aux genoux et boutonnée sur le côté. Elle sera plus tard qualifiée de “chemise russe” pour la différencier de la tunique à échancrure droite des Ukrainiens et Biélorusses.
Jusqu’au XVIIIe siècle, le costume traditionnel masculin est porté sans distinctin de classe sociale, y compris le tsar.
La chemise s’accompagne d’une ceinture tressée, d’un pantalon et d’une chapka.

Un changement s’opère au XIVe siècle. Pierre Ier (1682-1725) introduit des réformes politiques, économiques et sociales, qui s’accompagnent au niveau vestimentaire par l’importation d’un costume de type européen. Mais seules les classes aisées puis les citadins peuvent l’adopter, les paysans conservant le costume traditionnel. Les femmes des villages de province portent ainsi une chemise, une jupe rayée en laine, un tablier, une ceinture, un plastron [empiècement rapporté et placé sur la partie supérieure (décolleté) d’un vêtement, le plus souvent un chemisier ou une blouse] et une coiffe dite kokochnik.

Le faible développement des échanges entre les citadins et la province favorise le maintien des traditions vestimentaires dans les villages. Sans compter que la fabrication du costume est manuelle et transmise de mère en fille, le préservant de toute évolution créatrice!

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Ce statut quo prend fin après les réformes de 1860 et l’abolition du servage. La croissance des échanges commerciaux met fin à la production vestimentaire domestique. Les paysans achètent dorénavant des costumes manufacturés.

Poniova (c) DRAujourd’hui, seules quelques rares femmes des campagnes portent encore la poniova. Tenue qui inspire les groupes de musique et de danse folkloriques. Les stylistes contemporains russes la remettent également au goût du jour.

Les 45 mannequins superbement parés composent l’essentiel de cette exposition troublante d’esthétisme. Une série de photographies, issues des collections du musée ethnographique de la Russie, présentent des portraits de paysannes de la fin du XIXe siècle. L’univers rural est retranscrit par des gerbes de blé – une évocation à la nature rafraîchissante au coeur de Paris!

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