Mise au jour d’une part sombre de notre histoire

Les bagnes coloniaux

Jusqu’au 26 février 2011

Bibliothèque des littératures policières (BILIPO), 48-50 rue du Cardinal Lemoine 75005, Entrée libre

Figures de l’horreur, de l’exotisme ou de la punition méritée, les bagnes coloniaux ont suscité une floraison de récits, d’images, de témoignages, de films ou de reportages, dans lesquels se lit aussi une part de « l’aventure » coloniale. La BILIPO consacre une exposition audacieuse à cette part sombre de notre histoire.

Eloigner les indésirables constitue un réflexe ancien que la plupart des sociétés ont pratiqué.
Mais les empires coloniaux y ont associé deux idées neuves: mettre en valeur les nouveaux territoires conquis et régénérer les criminels. Les bagnes coloniaux constituent dès lors une pénalité moderne et rationnelle. La France n’a pas manqué à la règle.

Dès l’Ancien Régime, mendiants, prostituées et “gens sans aveu” sont déportés dans les possessions d’Amérique.
La Révolution Française fait transporter en Guyane des opposants et des prêtres réfractaires.
Mais c’est avec la reprise de l’expansion coloniale au XIXe siècle que le mouvement prend de l’ampleur. D’autant que l’on prend alors conscience de l’incapacité des prisons à amender les détenus.

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En 1830, des milliers de condamnés militaires sont transportés en Algérie, aux sources de ce qui sera Biribi.
A partir de 1848, les insurgés et opposants politiques y sont déportés.
En 1852, les bagnes métropolitains sont vidés “au profit” de la Guyane et de la Nouvelle Calédonie.
La République accentue le mouvement, ouvrant dans tout l’Empire, de la Tunisie au Tonkin, de Madagascar aux Saintes et à l’île du Diable, d’effroyables camps de relégation où des centaines de milliers de condamnés sont soumis aux travaux forcés.
Au début du XXe siècle, grâce aux grandes campagnes de presse, ces espaces de non-droit sont peu à peu démantelés, mais seule la décolonisation aura raison de ses vestiges, mettant un terme explicite entre le bagne et l’expérience coloniale.

Une exposition riche en documents historiques et en supports artistiques (affiches, cartes postales, éditions originales, photographies), mise en scène par Dominique Kalifa qui avait déjà organisé l’excellente exposition “Gansters de Paris” en 2007.

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