Le rôle des capitales dans les dessins de Victor Hugo

L'esprit de la lettre. Catalogue d'exposition, 176 pages, 12 reproductions quadri, Paris-musées, 2007L’esprit de la lettre
Catalogue d’exposition, 176 pages, 120 reproductions quadri, Paris-musées, 2007, Diffusion Actes Sud, prix public à 39€

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Le catalogue de l’exposition “L’esprit de la lettre” (20 octobre 2007 – 3 février 2008) vient d’être primé parmi les plus beaux livres français. Il est présenté au Salon du livre de Paris qui se tient Porte de Versailles du 14 au 19 mars 2008. A vos reading blocks!


L’esprit de la lettre se découpe en quatre parties qui reprennent les thèmes essentiels de cette exposition à succès: l’univers comme alpabet, écriture et dessin, le mot éclaté, cabinet des avant-gardes.

“La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l’alphabet” écrit Victor Hugo dans Voyage (1839). Pour le célèbre romancier, la Nature est chiffrée, elle s’assimile à un livre qu’il faut déchiffrer. Le monde constitue une entité visible qui s’offre à notre regard et qui devient lisible grâce au signe, à la lettre, au mot. Ainsi, les dessins de Victor Hugo représentent des paysages dans lesquels se cachent l’alphabet. Ses encres forment des buissons, des forêts, des montagnes.

Ecriture et dessin sont donc liés. Les lettres formant l’alphabet, au-delà de leur sens, représentent une figure. “La lettre se cache, se fait rébus, signe, code et parfois même elle éclate jusqu’à devenir tache”, écrit Danielle Molinari, dissertant sur la valeur plastique de la lettre chez Victor Hugo.

Le mot est éclaté. Hugo déstructure le Verbe. Comme Mallarmé. Dans Un Coup de dés (1897), la poésie ne découle pas de la lecture continue des vers et du suivi des rimes mais de la fragmentation des sons et des images sur la page du livre. “Le poème ressemble désormais à une partition qui emprunte beaucoup à l’art de la musique mais où la disposition des mots, la grosseur des lettres, l’espacement entre les lignes, les retraits et les blancs invitant à de constants changements de rythme s’adressent immédiatement à l’oeil”, commente Florian Rodari.

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Ce recours à la lettre comme effet artistique se retrouve dans de nombreux mouvements avant-gardiste du début du XXe siècle: cubisme, futurisme, constructivisme, dadaïsme… Les artistes de l’époque tentent de se dégager de la lourdeur des mots, qui traînent dans leur sillage le déterminisme des sens et l’implacabilité de la logique. Ils font exploser les règles, inventent des syntaxes pour répondre à la vitesse et à la violence de la modernité. “La lettre est soumise à toutes sortes d’étirements, de répétitions en rafale, de ruptures et de grossissements soudains dans l’espoir de donner un équivalent visuel du tumulte que fait entendre la place ou la rue” (Florian Rodari).

Un catalogue riche en images et en textes qui égrenne son savoir entre deux dessins. L’art de Victor Hugo se dévoile progressivement sous nos yeux ébahis par tant de prodigalité réunie en un seul homme!

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