La Patrie d’Orphée

Stamnos à figures rouges. La mort d'Orphée, vers 470 av. J.-C. (c) RMN -Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé LewandowskiL’épopée des rois thraces

Jusqu’au 20 juillet 2015

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Catalogue de l’exposition : 

Site du musée du Louvre, Aile Richelieu, Entrée par la pyramide, Paris I

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Avec « L’épopée des rois thraces », le musée du Louvre s’intéresse aux dernières découvertes archéologiques en Bulgarie. Encore aujourd’hui méconnue, la Thrace – patrie d’Orphée et de nombreux rois légendaires cités par Homère – révèle progressivement ses trésors enfouis.

Située aux frontières du monde grec et de l’empire perse, la Thrace prospère grâce aux échanges transitant par la mer Noire et la mer Egée. Une dynastie se démarque durant la période classique (Ve au IIIe siècle av. J.-C.) : les Odryses. La découverte récente de leurs tombes royales et aristocratiques dévoilent leurs splendeurs d’antan.

Le parcours de l’exposition s’ouvre sur la représentation de la Thrace dans l’imaginaire antique et moderne (Orphée mais aussi les rois de l’épopée homérique tels Rhésos, Térée, Diomède, Phinéas, etc.), avant d’aborder l’émergence de la dysnastie odryse.

Dominés par les Perses, les aristocrates odryses construisent l’identité de leur royaume lorsque les envahisseurs se retirent d’Europe en 479 av. J.-C. Sous le roi Sitalkès (Ve siècle av. J.-C.), leur territoire s’étend des rivages nord-égéens jusqu’au Danube. La vie politique s’organise à partir d’une chancellerie, permise grâce à la maîtrise de l’écriture.

Si des objets de facture grecque témoignent des échanges avec le monde helléniste, des outils et matrices illustrent la présence d’ateliers typiquement thraces.

La présence dans les tombes de « trésors » thraces – services luxueux liés aux banquets, à l’orfèvrerie – posent encore des questions aux chercheurs : s’agit-il de tributs versés par les cités grecques, de commandes royales, ou des cadeaux redistribués par le souverain odryse à des figures politiques alentours (Triballes, Gètes, Grecs) ?

Trésor de Panagyurishte, rhyton. Fin IVe av. J.-C. Or  © Musée régional archéologique de Plovdiv / Todor Dimitrov

Les Odryses sont vaincus par les armées de Philippe II de Macédoine en 340 av. J.-C. L’influence macédonienne se traduit picturalement par le délaissement progressif du pectoral en or au profit d’une couronne dorée.

Couronne. 350-300 av. J.-C. Or © Musée historique de Kazanlak / Todor Dimitrov

Inversement, la Thrace devient elle-même source d’inspiration, comme en témoigne l’adoption de la déesse thrace Bendis dans le panthéon athénien.

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Le royaume renaît sous le roi Seuthès III sur un territoire réduit et intégré au monde hellénistique. Cette période connaît une urbanisation progressive et un renouvellement de l’architecture funéraire.

Tête, Seuthès III. Golyama Kosmatka. IIIe siècle av. J.-C. Bronze. Musée archéologique de Sofia © Ivo Hadgimishev

Mais de nouveaux troubles surgissent lors de guerres menées par les héritiers d’Alexandre le Grand et la venue des Celtes en 278 av. J.-C. La jeune capitale Seuthopolis est alors anéantie.

L’intérêt de l’exposition réside dans le fait qu’elle place le rôle des Odryses dans le contexte global du monde antique, mettant en valeur les multiples emprunts et influences que cette aristocratie a pu exercer autour des populations alentours. En outre, les oeuvres dévoilées sont d’une impressionnante finesse et somptuosité.

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