La mystérieuse Gray

Eileen Gray

Jusqu’au 20 mai 2013

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Centre Pompidou, Niveau 6, Galerie 2, Paris IV

 

C’est la vente de la collection du couturier Jacques Doucet, en 1972, puis celle de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent en 2009, qui hisse Eileen Gray au Panthéon des designers et architectes. Son oeuvre sensible a défini la modernité, aux côtés de Le Corbusier ou Mies Van Der Rohe. Dans un univers artistique encore largement dominé par les hommes, Eileen Gray incarne une féminité avant-gardiste. Une oeuvre sensible à découvrir au Centre Pompidou.

 

 

L’Irlandaise Eileen Gray (1878-1976) a brûlé toutes ses archives personnelles. Elle souhaitait que l’on ne retienne d’elle que son oeuvre et non sa vie privée. Créatrice totale, elle est quasiment autodidacte dans tous les champs qu’elle a exploré, de la photographie au textile, de la peinture au travail de la laque, jusqu’à l’architecture.

Après une formation en peinture à la Slade School of Fine Art, Londres, Kathleen Eileen Moray Smith-Gray s’installe définitivement à Paris (1906). Elle achète un appartement au 21 rue Bonaparte, Paris VIe, qu’elle habitera toute sa vie. Elle entame une collaboration de vingt ans avec le laqueur japonais Seizo Sugawara. Ce qui donne lieu, à mes yeux, à ses plus belles créations, d’un raffinement extrême. Ainsi de la Table aux chars, dont la poignée du tiroir mi-ivoire mi-onyx est retenue à l’intérieur par un écrou sculpté en ivoire. Invisible de l’extérieur, il témoigne du souci de perfection de sa créatrice.

Eileen Gray crée du mobilier pour Jacques Doucet (le paravent à 4 feuilles, le Destin, entre autres), aménage l’appartement de Juliette Matjieu-Lévy, propriétaire de l’enseigne de mode Suzanne Talbot (rue de Lota, Paris XVIe).

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Elle ouvre la galerie Jean Désert en 1922 au 217 rue du Faubourg Saint-Honoré. Sa clientèle se compose d’artistes, couturiers, financiers, (Elsa Schiaparelli, Loïe Fuller, Charles et Marie-Laure de Noailles, Philippe de Rothschild, etc.). Elle y expose des pièces de mobilier, des tapis.

Puis elle entame trois projets d’architectures d’envergure : la villa E 1027  avec son compagnon supposé l’architecte roumain Jean Badovici (le nom de la villa est issu de la combinaison : E pour Eileen, 10 pour la lettre J, 2 pour B, 7 pour G), à Roquebrune-Cap-Martin, sa propre villa Tempe a Pailla (“Le temps de bailler” en mentonnais) sur les hauteurs de Menton et Lou Pérou au sud de Saint-Tropez.

Outre les magnifiques pièces de laque et les objets de céramique peu connus du grand public car appartenant à des collectionneurs privés, l’exposition permet de découvrir le versant caché de l’oeuvre d’Eileen Gray : ses peintures, photographies et collages qu’elle réalise tout au long de sa vie.  Pour Cloé Pitiot, commissaire de l’exposition, Eileen Gray a transposé le medium initial de la toile aux paravents puis au dessin architectural. Son oeuvre est une continuité et non une rupture, comme traditionnellement analysée, entre Art déco et modernisme.

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