L’Europe est devenu le creuset des religions du monde

Dieu(x) – Modes d’emploi

Jusqu’au 3 février 2013

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Petit Palais, Avenue Winston Churchill, Paris VIII

 

En France, nous vivons dans une société laïque depuis 1905. Pourtant, aujourd’hui, la religion n’a jamais autant fait parler d’elle et cause soucis! En raison principalement de l’ignorance du culte d’autrui. L’exposition du Petit Palais “Dieu(x), modes d’emploi”, entend apporter quelques clés de compréhension de cet enjeu fondamental du XXIe siècle.

Les échanges migratoires et la mondialisation des communications ont entraîné la multiplicité des cultes religieux dans les pays européens alors qu’ils se proclament laïques depuis le début du XXe siècle.

L’exposition aborde les trois religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam), les religions asiatiques (bouddhisme, hindouisme, taoïsme). Elle évoque également l’animisme présent en Afrique, en Océanie et en Amérique Latine.

Ainsi, si les pratiques religieuses sont diverses, un symbole unique crée un lien entre-elles. Les mains de l’homme tendues vers le divin figurent autant sur la stèle d’Hazor (XIIIe siècle, musée d’Israël) – deux mains levées vers un symbole astral – , que sur la statuette dege (Dogon du Mali, musée du quai Branly), dont les mains implorent l’arrivée des pluies fécondantes. Quant à la Châsse de Saint-Aignan (XIIIe siècle, Cathédrale de Chatres), elle incarne l’action de Dieu lors de la Pentecôte – ses mains font descendre les flammes de l’Esprit saint sur les douze apôtres.

La scénographie présente, par rangée, diverses représentations des divinités de chacune des religions (Shiva, Adibouddha, Christ). Par là-même, elle pose la question de la représentation de Dieu – interdite dans l’islam et le judaïsme. Dieu est alors incarné à travers le dessin de Chagall Dieu donnant les tables de la Loi à Moïse (musée d’Israël), et l’installation de Rachid Koraïchi inspirée des 99 noms d’Allah.

Bien qu’invisible, l’être suprême communique avec ses fidèles à travers une rangée d’objets cultuels, présentés dans une sorte de cabinet de curiosités. Des amulettes côtoient des mandalas, des crucifix, des mirhab.

La parole divine est révélée dans les trois religions du Livre – Révélation symbolisée par le Bras-reliquaire de saint Luc (musée du Louvre). La volonté divine peut aussi être transmise par le biais d’un devin (Boîte à divination Baoulé, Côte d’Ivoire, musée du quai Branly).

Quatre documentaires de Serge Maotti évoquent les rites de passage des moments clés de la vie (naissance, passage à l’âge adulte, rite du mariage, passage vers l’au-delà).

L’exposition poursuit avec le rôle du corps, lieu de lutte entre le sacré et le profane (ascèse, tatouages, scarifications). Elle évoque également les lieux de culte à travers les photographies de Ferrante Ferranti.

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Enfin, “Dieu(x), modes d’emploi” rappelle l’importance des jours de fêtes au milieu du temps profane car ils participent à la cohésion sociale, en réunissant croyants et athées. Et relient l’humain au divin de manière universelle.

Si l’enjeu est complexe, l’exposition, par sa scénographie originale et les chefs-d’oeuvre qu’elle présente, s’en sort relativement bien! Elle ne rentre pas dans le détail de chacune des religions mais en trace les grands traits. En offrant un aperçu de la croyance d’autrui, elle participe à la lutte contre l’ignorance et l’intégrisme, fléaux de notre monde moderne.

 

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