Dessins nordiques du XVIe siècle

Peter Paul Rubens (1577-1640). Tête de femme, vers 1625. Pierre noire, sanguine, rehaussé à la craie blanche. Gabinetto Disegni e Stampe degli UffiziBruegel, Rubens et leurs contemporains – Dessins du musée des Offices à Florence
Jusqu’au 30 novembre 2008
Institut Néerlandais, 121, rue de Lille 75007, 6€

Jan Cornelisz Vermeyen (1500-1559). Portrait d'une femme âgée. Plume et encre brune. Budapest, Szépmuvészeti Muzeum (c) Budapest, Szépmuvészeti MuzeumLa Renaissance aux Pays-Bas – Dessins du musée de Budapest
Jusqu’au 12 janvier 2009
(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)
Musée du Louvre, Aile Sully, 2e étage, salles 20 à 23, 75001, 9€ (6€ en nocturne le mercredi et vendredi)

XVIe siècle – l’âge d’or du dessin néerlandais. Un art souvent sous-estimé, qui était tombé dans un profond oubli depuis 1900! Aujourd’hui, les amateurs d’arts graphiques redonnent leurs lettres de noblesse aux dessins néerlandais, très bien représentés en Italie (musée des Offices à Florence) et à Budapest (musée des Beaux-Arts de Budapest). Mais encore peu connus en France.


DESSINS NORDIQUES A L’INSTITUT NEERLANDAIS…

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Quatre-vingt dix feuilles parmi les 900 dessins nordiques du musée des Offices de Florence – surtout réputé pour sa représentation des écoles italiennes – sont actuellement exposées à l’Institut Néerlandais.

Antony van Dyck (1599-1641). Vue de l'église de Sainte-Marie à Rye, 1634. Plume et encre brune (c) Gabinetto Disegni e Stampe degli UffiziLucas de Leyde, Pieter Bruegel, Jan Gossaert, Stradanus, Goltzius, Rubens, Van Dyck sont autant de noms célèbres dont le public pourra apprécier la richesse des oeuvres. La sélection a été réalisée par Maria van Berge-Gerbaud, directeur de la Fondation Custodia, selon la variété tant des sujets traités que des styles. Ce qui donne des études de personnages exécutées à la pierre noire ou à la plume, des compositions bibliques et mythologiques, des scènes de chasse, des projets de tapisseries, des portraits, etc..

Pieter Bruegel l'Ancien (1525-1569). L'Ire, 1557. Plume et encre brune (c) Gabinetto Disegni e Stampe degli UffiziCette importante collection a été rassemblée par le cardinal Léopold (1617-75), frère de Cosimo II de Médicis et fondateur du cabinet des dessins du musée des Offices.

…ET AU MUSEE DU LOUVRE

Après la redécouverte des dessins espagnols, le musée du Louvre s’intéresse cet automne aux dessins néerlandais du XVIe siècle.

Soixante-dix feuilles du musée des Beaux-Arts de Budapest sont aujourd’hui présentées à Paris. La collection a été formée par les princes Esterhazy, en particulier Nicolas Esterhazy au début du XIXe siècle. L’autre partie du fonds de dessins provient du legs à l’Etat de la collection du peintre hongrois d’origine belge, Istvan Delhes (1901).

Jan I Brueghel (1568-1625). Paysage hivernal avec des voyageurs. Plume, pinceau et encre brune, bleue et gris-bleu, rehauts de blancs, sur papier bleu. Budapest, Szépmuvészeti Muzeum (c) Budapest, Szépmuvészeti MuzeumL’exposition présentée au Louvre s’articule autour de deux thématiques: le paysage (Jan Bruegehel, Hans Bol, Jacob Savery, Abraham Bloemaert, Frederick van Valckenborch, Tobias Verhaecht, Paulus van Vianen) et les portraits. Avec des oeuvres rares de Cornelis Engebrechtz de Leyde, Lucas van Valckenborch, Dirck de Quade van Ravesteyn, etc..

Compositions bibliques, mythologiques, allégories, scènes de genre complètent ce panorama de l’art néerlandais  du XVIe siècle, traversé à la fois par le romanisme, le maniérisme et la naissance du réalisme (à l’aube du XVIIe siècle).

Bernard van Orley (1488-1541). Repas de chasse (Novembre). Plume, encre brune, lavis brun, bleu, rose et jaune. Budapest, Szépmuvészeti Muzeum (c) Budapest, Szépmuvészeti MuzeumLes artistes du XVIe siècle sont en effet marqués par le contexte politique conflictuel qui règne aux Pays-Bas. Au début du siècle, les villes flamandes, Bruges et Gand, sont aussi fastueuses que les villes italiennes Florence et Venise. Les Pays-Bas font alors partie de l’Empire des Habsourg, qui s’étend de l’Espagne à l’Europe du Nord.

Mais la Réforme (schisme de Martin Luther à partir de 1517) et les guerres de religion qui s’ensuivent bouleversent l’unité du pays. En 1568, les provinces se soulèvent contre Charles Quint. Elles déclenchent une guerre d’indépendance qui dure quatre-vingt ans et se conclut par la division de la région entre les Pays-Bas septentrionaux, calvinistes, indépendants – ils créent la république des Provinces Unies -, et les Pays-Bas méridionaux, catholiques, restant attachés à l’Espagne. Ce qui provoque le déclin des villes du sud comme Gand, Bruges, Anvers, au profit de celles du nord telles Haarlem, Amsterdam et Leyde.

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Les commanditaires se faisant rares, nombre d’artistes émigrent en Italie. Ils y apprennent à dessiner l’anatomie du corps d’après un modèle vivant – pratique qui n’existait pas aux Pays-Bas -, et à réaliser des copie de sculptures antiques. A l’instar des pointures locales Raphaël et Michel-Ange.
D’autres artistes gagnent l’Autriche, l’Allemagne et Prague, où l’empereur Rodolphe II est ravi de les accueillir.

La majorité des artistes néerlandais ne regagneront jamais les Pays-Bas méridionaux; ils resteront en Italie ou s’installeront dans les provinces septentrionales indépendantes.

Deux expositions pointues qui permettent d’appréhender la subtilité des oeuvres et la maîtrise des artistes néerlandais quant à cet art difficile.

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