Géant de la peinture française

Delacroix (1798-1863)

Jusqu’au 23 juillet 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Musée du Louvre, Hall Napoléon, Paris 1er

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Le musée du Louvre consacre une rétrospective à l’un des génies de la peinture française : Eugène Delacroix (1798-1863). Une exposition qui réunit 180 oeuvres, essentiellement des peintures – un rassemblent historique à ne pas rater !

La carrière de Delacroix est déroutante. Les oeuvres qui ont fait sa renommée ont été produites durant la première décennie de sa longue carrière (1821-1863). Pendant les trois quarts des années restantes, l’artiste brouille les pistes, mélangeant allègrement, genres picturaux et styles.

Les premières oeuvres de sa carrière sont marquées par sa volonté de se faire un nom au Salon. “La gloire n’est pas un vain mot pour moi”, écrit-t-il à un ami. Orphelin à l’âge de 17 ans, benjamin d’une fratrie ruinée, Eugène n’en est pas moins déterminé à se couvrir de gloire. Non par les armes, par par la peinture.

Pour cela, le jeune homme va à l’encontre du néoclassicisme académique. Il expose des oeuvres où s’exprime une vive violence : Dante et Virgile aux Enfers (1822), La Mort de Sardanapale *(1827), Scène des massacres de Scio (1824), La Grèce sur les ruines de Missolongi (1826), La Liberté guidant le peuple (1830), La Bataille de Nancy. Mort de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne (1831). Oeuvres rassemblées dans la première salle qui détonne !

Delacroix se distingue dans la représentation d’enchevêtrement des corps, mêlés à ceux des chevaux ou des fauves. Ses Chasses exaltent les matières (peaux basanées, pelages, crinières, textiles brodés, harnachements dorés). Sa Chasse aux lions (1854/55) rappelle La Mort de Sardanapale, où le roi assyrien, acculé à la défaite, s’immole, entraînant avec lui les plaisirs de son existence (concubines, chevaux rares, oeuvres d’art, trésors). Ces oeuvres mêlent habilement luxe, violence, allégresse. Même si dans les années 1850, la violence est tempérée par la volonté de l’artiste de dialoguer avec les grands maîtres italiens ou flamands.

 

L’artiste observe ainsi attentivement la carnation des chairs chez Rubens qu’il admire. Il réalise des études d’après des modèles vivants qu’il n’hésite pas à présenter à côté de l’oeuvre finie (cf. Jeune orpheline au cimetière reprise pour un des otages grecs des Scènes des massacres de Scio). Il juxtapose les touches pour rendre les effets de lumière, particulièrement remarquables dans ses représentations des peaux métisses (Femmes d’Alger dans leur appartement, 1833/34).

Une autre ingéniosité de Delacroix est de brouiller les hiérarchies et le cloisonnement des genres picturaux. En atteste son étonnante Nature morte au homard (Salon de 1827) sur fond de campagne anglaise, évoquant les paysages de John Constable. Ou ce choix d’un grand format – usuellement réservé à la peinture d’histoire – dédié à un Jeune Tigre jouant avec sa mère (1830) placés devant un paysage imaginaire, qui a moins à voir avec la Ménagerie du Jardin des Plantes où le peintre les croque sur le vif, et plus à la vision d’une côte normande !

Ses oeuvres religieuses sont tout aussi surprenantes. Elles sont emplies d’un mystère grâce à la réduction de sa palette qui concentre la lumière sur les chairs du Christ (Le Christ au tombeau) et les anges (Le Christ au jardin des Oliviers, 1824/27). Rubens et Rembrandt lui servent de modèles pour la maîtrise du clair-obscur. “Oeuvres d’un pathétique poignant, où l’unité d’ensemble prime sur la séduction des accessoires”, commente Sébastien Allard (conservateur général du Patrimoine), co-commissaire de l’exposition.

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Quant à ses derniers paysages, ils deviennent emplis d’un spleen approuvé par Baudelaire (La Mer vue des hauteurs de Dieppe, vers 1852). Mais à qui Delacroix rétorque : “Vous me traitez comme on ne traite que les grands morts..” (Lettre du 27 juin 1859) !

Ce rassemblent d’oeuvres est exceptionnel : musées français (Lille, Bordeaux, Nancy, Montpellier…) et étrangers se sont associés. Espérons que cette exposition, organisée en collaboration avec le Metropolitan Museum of Art de New York, rende toute sa place à ce génie de la peinture, consacré en son temps par l’Exposition universelle de 1855 et par l’Académie des Beaux-Arts où il sera élu en 1857.

*Le billet d’exposition vous donne accès aux collections permanentes, où vous pourrez admirer La Mort de Sardanapale (aile Denon, 1er étage, salle Mollien) – dont la taille rendait l’oeuvre indéplaçable – et le plafond illustrant Apollon vainqueur du serpent Python (galerie d’Apollon).

 

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