Entre Byzance et l’Occident

Chypre, IVe- XVIe siècle

Jusqu’au 28 janvier 2013

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Musée du Louvre, Aile Richelieu, Entrée par la pyramide

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La plus orientale des îles méditerranéennes, Chypre a été le carrefour stratégique pour la conquête de la Terre Sainte. A la croisée des influences occidentales et orientales, elle a développé un art particulier, incarné, entre autres, par de magnifiques icônes, que nous propose de découvrir le musée du Louvre.

Depuis le IVe siècle, premier siècle byzantin qui s’accompagne de l’avènement de la religion chrétienne dans tout l’Empire romain – Chypre en est une province orientale -, l’île, prospère grâce au bois et au cuivre (kypros en grec, qui lui a donné son nom), construit d’immenses basiliques. Une centaine en est construite entre le IVe et le VIe siècle. Elles sont évoquées dans l’exposition à travers des fragments architecturaux et des éléments de mobilier liturgique (chapiteaux de Paphos et de Limassol, lampes de bronze, pièces d’autels, etc.). Les décors monumentaux sont représentés par des médaillons de mosaïque dont celui de l’église de Kanakaria de Lythrankomi à l’image de saint Matthieu.

La première salle de l’exposition présente également une partie du magnifique trésor de Lamboussa-Lapithos, enfoui lors de la conquête arabe dans les années 649-650 et retrouvé vers 1900. Pour la première fois sont réunis à Paris six plats d’argent de l’Histoire de David (aujourd’hui partagés entre le musée archéologique de Nicosie et le Metropolitan Museum of Art de New York).

Au VIIe siècle, Arabes et Byzantins cohabitent à Chypre, les uns payant leurs impôts aux Grecs, les autres aux califes. Des lampes de terre cuite arabes, des sceaux et un fragment de colonnette à inscription arabe témoignent de cette période mixte. Un évangile du IXe siècle (BnF) prouve toutefois que l’Eglise orthodoxe chypriote conserve des liens étroits avec Constantinople.

L’empereur byzantin Nicéphore Phocas reconquiert l’île au Xe siècle. Pendant deux cent ans, Chypre se couvre d’églises aux fresques monumentales (cf. le saint Démétrios de l’église de Saint-Antoine de Kellia). Le sulfate de cuivre (le fameux “bleu de Chypre” des dictionnaires) est une ressource exportée dans tout l’Empire mais aussi travaillée sur place pour confectionner de petites icônes, des objets liturgiques et des croix.

En 1191, à l’issue de la troisième croisade, Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, s’empare de Chypre. Mais doit la céder aux chevaliers du Temple puis du roi déchu de Jérusalem, Guy de Lusignan, issu d’une famille aristocratique poitevine. Saint Louis en personne, qui rêve de reconquérir Jérusalem, vient y séjourner en 1248/49. Des manuscrits enluminés et des pièces de monnaie des premiers Lusignan illustrent cette période. Parallèlement, l’île développe une culture d’icônes dite “des croisades” ou maniera cypria, qui opère la synthèse entre traditions grecques et latines (cf. l’icône de saint Nicolas du musée byzantin de Nicosie).

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Sous le règne des Lusignan, aux XIIIe et XIVe siècles, se développe un art de cour essentiellement gothique avec les chantiers des grandes cathédrales (cf. le grand Christ de marbre du Lycée panchypriote de Nicosie). Là encore l’art byzantin subsiste fortement comme en témoigne une série d’icônes de dévotion (cf. la Vierge à l’enfant Kykkotissa de Saint-Jean-Lampadistis).

En 1467, Catherine Cornaro, fille de patriciens de Venise, épouse le roi Jacques II dont elle hérite la couronne de Chypre. On lui impose de la céder au Doge de Venise en 1489. L’île commence alors à s’ouvrir à l’art de la Renaissance. La peinture d’icônes hésite entre innovation à l’italienne et tradition orthodoxe.

En 1571, Chypre tombe aux mains des Turcs. Venise doit abandonner Chypre. Les hanaps [vases médiévaux] d’argent du trésor de Nicosie sont enfouis. Ils sont aujourd’hui partagés entre le musée Leventis et le British Museum. Ils clôturent cette exposition qui expose ces ultimes témoins de la splendeur des siècles révolus.

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