Kerry James Marshall

The Histories (Les récits)

Jusqu’au 24 janvier 2027

Musée d’Art moderne de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Le musée d’Art moderne de Paris présente pour la première fois en France l’oeuvre de l’artiste africain-américain Kerry James Marshall (né en 1955, Birmingham, Alabama), avec huit peintures spécialement conçues pour l’exposition.

Kerry James Marshall, School of Beauty, School of Culture, 2012. Acrylique et paillettes sur toile libre avec œillets métalliques. Collection Birmingham Museum of Art, Alabama © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et Jack Shainman Gallery, New York Photo : M. Sean Pathasema

L’oeuvre de K.J. Marshall met à l’honneur les personnes noires, qu’il positionne dans de géantes compositions en référence aux toiles des grands maîtres européens (Manet, Caillebotte, Seurat), tout en recourant à la culture populaire, la bande dessinée et la science-fiction.

Kerry James Marshall, Invisible Man, 1986. Acrylique sur toile et sur bois. Collection Liz et Eric Lefkofsky © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner, London Photo : Jack Hems

L’artiste soulève le manque de représentation dans l’histoire de l’art occidentale de la figure noire. Dans The Academy (2012), K. J. Marshall représente un modèle masculin dans un cours de dessin à l’image de l’apprentissage artistique du XIXe siècle, mais il lui fait lever le poing en guise de salut du Black Power.

Kerry James Marshall, The Academy, 2012. Acrylique et paillettes sur panneau PVC. Collection Dr. Daniel S. Berger © Kerry James Marshall. Image courtesy de l’artiste et Jack Shainman Gallery, New York

À travers des oeuvres aux couleurs flamboyantes, sans jamais montrer la violence, l’artiste évoque l’esclavagisme (traversée forcée vers les Amériques, rôle des colonies européennes mais aussi de certains Africains dans la vente des esclaves), les mobilisations noires américaines pour reconnaître leurs droits civiques, et lutter contre le racisme.

Kerry James Marshall, Gulf Stream, 2003. Acrylique et paillettes sur toile libre avec œillets métalliques. Collection Walker Art Center, Minneapolis © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner, London. Photo : Jack Hems

Au coeur de la première partie de l’exposition trône Wake (2003), une installation représentant un bateau sur une mer noire. Pour montrer la puissance croissante des réalisations africaines-américaines, l’artiste ajoute un nouveau portrait en médaillons à chaque fois qu’elle est exposée. Il la place face à Gulf Stream (2003), tableau revisité de Winslow Homer représentant un marin noir couché dans une barque au milieu d’un groupe de requins.

Kerry James Marshall, Haul, 2025. Acrylique sur panneau de PVC, cadre de l’artiste. Courtesy Glenstone Museum © Kerry James Marshall. Image courtesy David Zwirner, London. Photo : Kerry McFate

Une série de portraits fictifs de personnages historiques donnent à voir des représentations imaginées par l’artiste de personnalités noires, telles Scipio Moorhead et Harriet Tubman, absentes des archives.

Kerry James Marshall, Past Times, 1997. Acrylique et collage sur toile libre avec œillets métalliques. Collection particulière, courtesy Gagosian © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner, London. Photo : Jack Hems

Le documentaire en milieu de parcours donne la parole à l’artiste, qui exprime avec allégresse et pédagogie, les fondements de sa quête artistique.

Une oeuvre majeure qui mêle dans un joyeux bazar organisé, dextérité du coup de pinceau, dynamisme des compositions, et références savantes à l’histoire de l’art.

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