Exposition inaugurale : Face au ciel, Paul Huet en son temps
Musée de la Vie romantique, 16 rue Chaptal, Paris 9e
Le musée de la Vie Romantique (MVR), maison et ateliers du peintre Ary Scheffer (1795-1858) rouvre ses portes après 17 mois de travaux, à point nommé pour la Saint-Valentin.

Le projet mené par Basalt Architecture et l’atelier àkiko Designers vise à retrouver le caractère d’origine de la demeure du peintre d’origine hollandaise Ary Scheffer (né à Dordrecht), maître du courant romantique français.

Au-delà de la restauration de la maison elle-même, le parcours des collections permanentes a été repensé. Quatre grandes thématiques du romantisme sont présentées : la nature et le paysage, la puissance des sentiments, l’inspiration littéraire, et l’imaginaire fantastique.

L’exposition inaugurale s’organise autour de Paul Huet (1803-1869), élève de Pierre-Narcisse Guérin et d’Antoine-Jean Gros, et ami de Scheffer. Huet est considéré comme « l’un des précurseurs du paysage romantique en France, inspiré par les grands maîtres anglais comme Constable et Turner », précise Dominisque Lobstein, commissaire de l’exposition.

Qualifié de « pré-impressionniste », Paul Huet a influencé de nombreux artistes paysagistes comme Camille Corot, dont l’oeuvre du Salon de 1855 est mise en regard. Cette année-là, les deux artistes reçoivent une médaille de première classe, grâce au soutien d’Eugène Delacroix, membre du jury.

Paul Huet donne ses lettres de noblesse au genre du paysage, longtemps considéré comme mineur en regard de la peinture d’Histoire, grâce à l’expressivité et la liberté de ses toiles.

Son oeuvre est marquée par la puissance des émotions qu’il ressent face à la nature, en particulier le ciel, et ses changements atmosphériques. Il s’appuie sur les avancées scientifiques pour comprendre le rendu de la lumière.
La dernière salle est particulièrement éloquente avec Le Ciel entrouvert (1869), la dernière peinture de l’artiste, dont les trois-quarts de l’image représentent le ciel nuageux, percé de lumière, au-dessus de la plage. Oeuvre qui est mise en regard avec celle d’Eugène Boudin, Pêcheur à Villerville, marée basse (vers 1862), autre artiste considéré comme « le roi des ciels ».

Il est bien dommage que la maison de Scheffer ait perdu ses jolis volets vert sauge au profit d’un marron peu seyant pour coller à la réalité d’une demeure du XIXe siècle. Pour le reste, la rénovation est plutôt réussie et cette première exposition d’ouverture permet de remettre au goût du jour un peintre méconnu du public.