Machu Picchu et les trésors du Pérou

3000 ans de civilisation des origines aux Incas

Jusqu’au 4 septembre 2022

Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16e

À défaut de pouvoir voyager jusqu’au Pérou, le Machu Picchu vient à nous grâce à un fabuleux parcours immersif présenté à la Cité de l’architecture et du patrimoine. Une exposition-événement, organisée par World Heritage Exhibitions, déjà à l’origine de « Toutankhamon, le Trésor du Pharaon » en 2019, à La Villette, qui avait attiré plus de 1,3 millions de visiteurs…

Coiffe frontale avec félin et condors. Culture Mochica, 100 – 800 apr. J.C. Or 18 carats © Musée Larco, Lima-Pérou

Un réel travail de scénographie a été réalisé pour rendre vivante – tant pour les enfants que pour les adultes – cette civilisation péruvienne, de ses origines aux célèbres Incas.

Le visiteur est accueilli par un petit film d’introduction qui plante le somptueux décor du Pérou, son écosystème qui abrite 25 000 variétés de plantes, 3 000 espèces d’animaux, oiseaux et poissons. Et qui a été l’un des premiers berceaux de l’humanité.

Détail, étendard de plumes Huari © World Heritage Exhibitions

L’ensemble des 192 pièces présentées décryptent les symboles associés aux animaux, couleurs et matériaux de cette ancienne civilisation. L’or et l’argent, matériaux précieux réservés aux élites dirigeantes, possèdent la même valeur. L’or est le symbole de la sueur du dieu soleil, il est associé au monde supérieur, diurne, masculin. L’argent incarne les larmes de la lune, il se réfère au monde des morts et renvoie à l’univers féminin, nocturne, marin. Le bleu du ciel et de l’eau est à la fois opposé et complémentaire du jaune du soleil et du sable du désert. Les oeuvres alternent entre représentations mythologiques ou animalières simplifiées et savoir-faire pointu des orfèvres.


Masque funéraire représentant le visage d’Ai Apaec, Culture Mochica, 100 – 800 apr. J.-C. Cuivre et coquillage de Strombus © Musée Larco, Lima-Pérou

Le parcours nous invite à suivre le dieu mythologique Ai Apaec dans les trois mondes mystiques des Andes – le monde souterrain, incarné par le serpent ; le monde terrestre incarné par le félin : le monde de l’au-delà incarné par l’oiseau -. Son histoire raconte sa course pour sauver le soleil tombé dans l’eau et assurer le retour des pluies nourricières.


Trousseau funéraire impérial, Culture Chimu, 1100 – 1470 apr. J.-C. Or © Musée Larco, Lima-Pérou

Le visiteur assiste ensuite aux chasses de cervidés et aux cérémonies sacrificielles avant de découvrir des parures funéraires royales dont celle tout en or d’un empereur Chimu (1300 ap.J.C.). Un système de silhouette en ombre permet d’admirer les bijoux portés sur le nez (réservés à l’élite), la tête, les oreilles et le pectoral.


Machu Picchu © World Heritage Exhibitions

L’exposition se termine sur de majestueuses vues du Machu Picchu – symbole de la civilisation du Pérou ancien -, sa biodiversité et sa récente reforestation. C’est l’explorateur et universitaire (Yale) américain Hiram Bingham qui a découvert ce temple logé « au-dessus des nuages », après une longue marche dans la forêt tropicale péruvienne, en 1911. « Ses clichés ont fait l’objet d’un numéro entier de National Geographic dès 1913″, précise Carole Fraresso (chercheuse associée au musée Larco de Lima), commissaire de l’exposition.

La cité et ses temples avaient été construits vers 1450 pour l’empereur Pachacuti, au-dessus de la rivière Amazone. Ils incarnent l’apogée de l’ingénierie inca. Uniquement connue des populations locales, la citadelle était restée inaccessible aux Espagnols venus conquérir la région andine en 1532. « Ils ont pillé l’or des sociétés andines pour amasser leur fortune personnelle, dont un cinquième revenait à la Couronne Espagnole. La perte de ces objets de prestige priva les peuples de l’ancien Pérou de leurs emblèmes divins et rituels, rompant définitivement les liens avec leurs ancêtres et les dépossédant de leur identité communautaire », peut-on lire sur un cartel…

Après avoir dépassé la boutique, une expérience de réalité virtuelle propose de survoler le Machu Picchu qui attire plus d’un million de visiteurs par an, sans les voir (!), afin de profiter pleinement de la vue à couper le souffle de ces temples de pierre construits en terrasses, entourés de montagnes dont le point culminant s’élève à 2400 mètres. Fantastique, mais attention à ceux qui ont le vertige ou qui craignent de foncer dans les murs de pierre !

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