Du fleuve rouge au Mékong

Visions du Viêt Nam

Jusqu’au 27 janvier 2013

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Musée Cernuschi, 7 avenue Vélasquez Paris VIII

Le Musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris, le musée Cernuschi, présente une exposition rare sur la peinture moderne vietnamienne. Subjectivité oblige, « Du fleuve rouge au Mékong – Visions du Viêt Nam » – titre inspiré de l’ouvrage de Marc Charbonne, Visions de l’Indochine – est un régal pour les yeux et le coeur!

Encore aujourd’hui, le terme Indochine se pare d’un exotisme tout imaginaire. Créé par un décret du 11 novembre 1887, ce vaste territoire englobe le Tonkin (actuel nord Viêt Nam), arrosé par le fleuve rouge, l’Annam (centre Viêt Nam) et la Cochinchine (sud Viêt Nam), irriguée par le delta du Mékong. Plus tard le Cambodge et le Laos viendront s’y rattacher.

Des missionnaires tel le Père Alexandre de Rhodes au XVIIe siècle, puis des amiraux conduisent des expéditions en Asie du sud-est à partir du milieu du XIXe siècle. En 1866, le capitaine de frégate Ernest Doudart de Lagrée (1823-1868), explorateur passionné d’archéologie, mène une mission scientifique à partir de Saigon. Francis Garnier et le dessinateur Louis Delaporte, futur directeur du musée indochinois du Trocadéro, y participent.

Par ailleurs, les expositions coloniales attisent la curiosité des Français. Plus lointains que le Maghreb de Delacroix ou la Turquie d’Ingres, l’Indochine exerce un nouvel attrait.

Gaston Roullet (1847-1925), correspondant du Monde illustré, suit la voie des explorateurs. La Société des peintres orientalistes, créée en 1893 et présidée par Léonce Bénédite, conservateur du musée du Luxembourg à Paris, encourage les artistes admiratifs des civilisations lointaines. La Société crée le prix de l’Indochine (1910) et leur offre les frais de voyage.

En 1924, le gouvernement français publie une ordonnance permettant la création de l’Ecole des beaux-arts de l’Indochine (E.D.B.A.I). Elle voit le jour en 1925 et se fonde sur le modèle de l’Ecole des beaux-arts de Paris.

Cette création marque un tournant décisif dans l’histoire d’art moderne vietnamien. Victor Tardieu (1870-1937), peintre d’origine lyonnaise, forme des artistes locaux avec son élève Nguyen Nam Son (1890-1973). Tardieu recrute à Paris le peintre Joseph Inguimberty (1896-1971) chargé de l’enseignement des arts décoratifs. Ce dernier, avec Alix Aymé (1894-1989), s’engage dans le renouveau de la laque traditionnelle vietnamienne.

L’exposition permet de découvrir les oeuvres des peintres français rapportant des aquarelles et des gouaches – matériaux les plus pratiques pour voyager – d’Indochine. Puis les quelques huiles réalisées par des artistes vietnamiens formés à l’EDBAI.

Plus proche de leur culture, la peinture sur laque poncée (Nguyen Thanh Lê, 1919-?) et les couleurs sur soie gagnent l’estimation des artistes vietnamiens. En particulier, Lê Pho (1907-2001), Mai Trung Thur (1906-1980) et  Nguyen Phan Chanh (1892-1984). Ce dernier parvient à synthétiser les esthétiques orientale (calligraphie, sceaux, aplats colorés, vie de famille centrée autour des activités féminines) et occidentale (rendu des volumes, perspective).

Des oeuvres d’une finesse remarquable, douces au regard, envoûtantes pour l’âme.

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